mardi, 07 juin 2011
Sylviculture
« […] il est incontestable que toutes ces œuvres [mystiques], telles qu’elle se trouvent, plus haut, fixées avec précision, sont des parties intégrantes de la création, et subsistent aussi nécessairement que tout autre partie de l’univers. En effet, comme tout autre partie de l’univers, ces œuvres du mysticisme sont engendrées par la même et infaillible loi de création. […] par le pressentiment que l’homme a de cette vocation mystérieuse de sa nature, vocation qui vient enfin d’être légitimée par la raison, il ne peut refuser absolument toute foi aux œuvres mystiques ; […] [mais] pour obvier à de graves inconvénients, il est plus profitable à la raison humaine de méconnaître de véritables œuvres mystiques, s’il en existe sur notre globe, que de se livrer à une trop grande crédulité à leur égard. »
Papus (Docteur Gérard Encausse), Traité Méthodique de Magie Pratique, 1924.
J’ai donc vu The Tree of Life. Avertissement : Ce qui va suivre dévoile partiellement des éléments du film.
12:28 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 29 avril 2011
Les gens faibles
« Une fourmi peut supporter n’importe quelle chute. Soumise à deux forces en opposition (le poids qui la tire vers le bas et la résistance de l’air qui la tire vers le haut), en raison de sa masse extrêmement légère, sa vitesse limite est très faible. Plus elle tombe rapidement, plus la résistance de l'air augmente et moins elle est freinée. Il arrive un moment où sa vitesse de chute ne varie plus : le poids et la résistance de l'air s'égalisent. Si la fourmi tombe de plus d'un centimètre de haut (de votre main, de la Tour Eiffel ou d’un avion), sa vitesse d’impact au sol est la même. »
Très bien, alors pourquoi ne pas jeter des poignées de fourmi par les fenêtres, puisque c’est ça ?
D’abord, parce que ce n’est pas facile d’en avoir des poignées. Ensuite, parce que ce n’est pas amusant pour elles. Imaginez qu’un géant arrivent d’une autre planète et jette des poignées d’humains par-dessus son épaule : ce ne serait pas gentil – et ça ferait, en tombant, un bruit de fruit pourri.
Alors, j’y viens. Chez la fourmi, c’est son exosquelette super-résistant qui fait la différence. Résistant, assurément, mais d’une grande souplesse. Voilà pourquoi on peut manger des fourmis (ou des crevettes bouquet, d’ailleurs) sans s’embêter avec la carapace. Alors qu’un escargot, ce n’est pas possible. Tel l’humain du haut de sa tour, l’escargot qui tombe d’un arbre fait sprotch. Tel le bulot, l’escargot doit être sorti de sa coquille pour le manger. De la belle coquille d’un fort endurci, c’est toujours un faible qu’on sort (comme le Prince, mais pas pareil).
22:07 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 07 avril 2011
Let the sun shine
rave erreur que celle d’enterrer Britney trop vite. On l’attendait sans doute un peu trop avec Hold it against me, et le clip l’a plutôt desservie, et ce malgré un teasing de plusieurs jours. Oui mais voilà : en personnifiant toutes les métaphores qu’elle a inspiré jusqu’alors, on s’y perd un peu, on a bien compris que la robe blanche en fait sa propre mariée. « Moi, et moi seule », dit-elle face à des écrans qui la montrent toutes époques confondues. Moi au milieu des autres, se dit-on quand on remarque que les danseurs n’ont ni yeux, ni bouche. Moi contre moi-même, voit-on lorsqu’elle se chamaille contre son double en escarpins. On s’y perd un peu dans l’autoréférence et l’autotunes : l’en-soi dédoublé pour les autres (Lucky), la solitaire (What it’s like to be me, Lonely, Everytime) qui désespère d’être un jour autonome (Overprotected, Let me be, My prerogative), la fuite (Sometimes) la grandeur, la décadence (Outrageous), la désillusion (Cinderella, What you see is what you get) la rédemption (Stronger), le retour (Gimme more) la musique (Me against the music) l’amûr (Baby one more time, Born to make you happy) et le cul, le cul, le cul (Oops !, Crazy, I’m a slave for you, Radar, Toxic, Breath on me, 3, If you seek Amy). Tout ceci oscillant entre une niaiserie qui ferait pleurer de rage un chaton dans un pull rayé (un summum de niaiserie, sisi) avec My baby ou autre From the bottom of my broken heart et l’ironie fine (j’insiste) de celle qui a tout vu, qui sait, qui reconnaît, qui comprend (Piece of me, Freakshow).
Pardon pour ce fatras de références, mais il vise à démontrer que tout a été passé en revue par elle, sous tous les modes, chaque album étant l’occasion d’explorer une nouvelle dimension musicale / artistique / scénique (et Madonna, Mickael Jackson, Cher parmi d’autres ont démontré qu’il était plus facile de partir que revenir).
11:57 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 20 mars 2011
Les pommes rouges

'après moi, on désire toujours le plus ce qu’on aura jamais. Enfin non, c’est d’après Oscar Wilde d’abord, je me suis contenté de le vérifier. Ce n’est pas du tout ce que je voulais dire, mais enfin, je cherchais une accroche pour démarrer ce billet alors hop.
Attendez, je vais chercher un livre.
Voilà.
« Je suis encore le plus riche et le plus enviable – moi le plus solitaire ! Car je vous avais et vous m’avez encore : dites-moi pour qui, comme pour moi, de telles pommes rouges sont-elles tombées de l’arbre ? »
Quand un autre cesse d’exister pour nous, cesse-t-on d’exister pour lui ?... Lorsque je regarde par-dessus mon épaule, le temps écoulé m’apparaît en images par laquelle la lumière passe ; photos un instant, diapositive l’instant d’après : la mémoire, lorsqu’on la convoque, éclaire.
17:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










