vendredi, 05 février 2010

Critique croisée : Avatarte et la grenouille

 


J’ai donc été voir le film de James Cameron et la dernière animation Disney. Cameron, après nous avoir fait le coup des adolescents amoureux sur le gros bateau qui coule, renouvelle l’expérience ; sauf que cette fois ils ont pris un coup de vieux, ils sont bleus et très grands. Et pas de bateaux, juste une civilisation qui prend l’eau. Disney rejoue le « quand on priiiiie la bonne étoiiiiile » de Pinocchio, y ajoute une pincée de Prince charmant, de bonne fée et d’animaux chantants et nous propose La Princesse et la Grenouille.

J’avertis ici le lecteur que je vais faire un gros spoiler, c’est-à-dire (Mom je précise pour toi) que je vais, en gros, tout révéler des deux films. Ca tu le suspense, mais ça évite les précautions oratoires.

Alors donc !

Le pitch d’Avatar : la Terre envoie sur une autre planète, loin loin, des mercenaires payés par une entreprise privée pour défendre ses ouvriers qui extraient du sol local un minerai dont l’usage nous échappe. La planète est peuplé d’autochtones grands et bleus, les Navis, très en rapport avec leur mère Nature, qu’ils appellent d’une autre façon dans leur drôle de langue (il me semble avoir entendu, parmi les substantifs employés, Gaïa – mais je me dis que c’est trop gros pour être vrai).

Dans la base « militarisée » (car il ne s’agit que de mercenaires, dont seul l’encadrement est militaire (un gros bras avec un QI de boulon)), il y a aussi une mission scientifique, dirigée par une dame à la fois drôle et sérieuse. Le rôle échoit naturellement à Sigourney Weaver, rompue à ce genre de rôles. Ladite scientifique attend un collègue biologiste pour mettre en route une expérience qu’elle a déjà commencé. Sauf que le collègue est mort, et qu’on lui envoie à la place son frère jumeau, un militaire qui ne l’est plus après avoir perdu l’usage de ses jambes. Bref elle a besoin d’un athlète intelligent et on lui envoie une ragnole, mais ce n’est pas très grave, car ce qui compte, c’est son patrimoine génétique, grâce auquel (et lié à celui des Navis), l’équipe scientifique a créé des clones-hybrides contrôlé à distance par des ordinateurs télépatho-électro-ingénio-radio-commandés, lesquels sont intégrés à des sarcophages dans lesquels s’installent ceux qui pilotent leurs avatars. (Nous y voilà enfin.) Sauf que voilà, la mission scientifique est parasitée par les intérêts économiques, eux-mêmes supportés par les militaires : notre héros (du moins, son avatar, mais c’est tout pareil), au lieu d’étudier les Navis en s’intégrant à leur groupe, collecte des informations sur leurs terrains, leurs activités, etc., afin de faciliter leur expulsion, qui est proche, pour enfin creuser la terre et en sortir des cailloux qui coûtent plein de sous. La mine la plus importante est placée sous l’arbre des âmes (en gros, leur lieu de culte principal), qu’il faut donc faire peuter pour y avoir accès. Bref, y’en a pour du pognon dans les caves du Vatican.

Voilà pour résumer.

Ce film est un chef-d’œuvre technique, très inventif à bien des égards, mais d’une pauvreté intellectuelle assez frappante, du fait, principalement, que tout s’y joue au premier degré. Recul : zéro. C’est une vaste mixture de resucées scénaristiques, dont voici la trame :

1. Nous avons un ennemi (qui ne sait pas pourquoi il l’est : rappelons que c’est un militaire, il obéit aux ordres) ignorant, limité arriéré. – 2. Il devient un « infiltré découvreur ». – 3. Le temps passant, il se rallie à une cause qui n’est bien sûr pas la sienne. – 4. Le héros, qui est séduisant et gorgé de testostérone, tombe amoureux de la fille, qui au départ ne peut pas l’encadrer. – 5. Trahison 1 dans son camp d’origine en raison de cet amour. – 6. Trahison 2 dans son camp adoptif au moment où l’on découvre fortuitement qu’il travaillait en sous-main pour l’ennemi. – 7. Un personnage annexe mais attachant meurt. 8. Le héros arrive à la rédemption par l’acte de bravoure. 9. Il récupère sa girl et peut mener bataille contre ce qui était son camp. 10. Bataille perdue. Bataille gagnée. Espoir mince. Dieu s’en mêle (ou un miracle, ou une découverte, selon les films). Tout finit bien. Pouêtpouêt.

 

Voyons maintenant le scénario de la Princesse et de la grenouille. Un fille pauvre de la Nouvelle-Orléans, ambiance années 30, travaille dur pour se payer les premières traites du resto qu’elle compte ouvrir en mémoire de son papa, qui est mort à la tache, mais qui caressait le même espoir. La pauvre fille (évidemment noire) est copine avec la fille (fatalement blanche et blonde) du businessman le plus riche du coin. ATTENTION ! zéro ségrégation dans tout cela, l’histoire est ailleurs : un prince de passage, sans le sous tant qu’auprès de ses parents, il n’aura pas montré ce qu’il vaut, débarque en ville. La blondinette le veut, il la veut bien aussi (elle est très belle « vue de dot », comme dirait Stéphane Bern), mais l’asticot fait un pacte avec le Maître des ombres, enfin bref pouêtpouêt, vaudou tout ça, il se transforme en grenouille. A la suite d’une méprise, il embrasse la pauvresse qui se transforme aussi en grenouille. La quête est donc : trouver comment redevenir humain. Dans leurs pérégrinations à la recherche d’une mama centenaire qui touche sa bille en vaudou, ils rencontrent un alligator trompettiste et un ver luisant simplet mais évidemment attachant. Sauf que voilà, une quête n°2 se greffe à la première : la vieille infirme, au moyen d’une chanson, leur démontre qu’elle ne peut rien pour eux. En embrassant une princesse (fût-elle temporaire, comme c’est le cas dans le film – la blondinette précédemment citée, en l’occurrence), le prince redevient humaine et la pauvresse, aussi. Mais le baiser intervient trop tard, un gentil meurt, et finalement les deux grenouilles le restent. Fin ? Non.

 

Croisons maintenant les données des deux films, et essayons d’y voir clair.

1. D’abord, les personnages.

Nous avons deux grands reptiles qui synthétisent toutes les aberrations de notre mode contemporaine : ils sont grands, très grands, ils sont longilignes comme les mannequins de chez Gucci, ils sont bleus (mais d’un joli bleu). Ils ont des gros yeux comme Lady Gaga dans Bad Romance ou le chat dans Shrek, mais, détail rassurant malgré leur queue usb qui leur permet de se connecter aux être vivants et à l’arbre à âmes, ils sont comme nous : des mains à cinq doigts, deux oreilles (de biche), deux yeux (de mérou, donc), bref tout par deux, comme nous.Et comme nos jeunes crassous du lycée, ils se font des dreads et des stretchings du lobe. Juste pour le plaisir de la comparaison :

 

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De l’autre côté, nous avons des personnages « humains » tout ce qu’il a de plus normal. A ceci près qu’ils sont basanés, mais pour de vrai. Dans l’ethnique, nous avions eu Pocahontas et sa bouche en cul de poule, Mulan et sa tête taillée à la serpe, et l’exotique Jasmine aux yeux de biche. Ici, Tiana (c’est comme ça qu’elle s’appelle, c’est presque un prénom de princesse puisque finalement, c’est presque une princesse – donc ça marche) est parfaitement noire, pas juste afro-américaine métissée.

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Le prince machintruc est un mélange d’Aladdin pour le côté exotique et l’astuce et du prince Eric (de la Petite sirène) pour la physionomie, et voici les trois dans l'ordre :

 

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La « marraine » n’est plus une Jacqueline Maillan rigolote version la-bonne-fée de Cendrillon, mais une vieille dame noire aveugle et édentée, mélange incertain de l’Oracle de Matrix et de Irma P. Hall, la voodoogirl de Minuit dans le jardin du bien et du mal. Regardez, ça marche si on les mélange toutes :

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Le méchant, le « maître des Ombres » est une sorte de Jaffar pour le physique et de Scar pour la ligne, mais avec un haut de forme, et un gilet beaucoup trop moulant pour être honnête :

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En ce qui concerne les animaux, rien qu’on n’aie pas déjà vu de près ou de loin : toujours les mêmes, le crocodile de Peter pan (sauf que maintenant c’est un alligator), le python du Livre de la jungle, d’autres animaux exotiques croisés dans le Le Roi Lion… Et la grenouille, la grenouille !, ce personnage toujours secondaire et drôle (celle qui ponctue le réveil de Kuzco et Pacha dans Kuzco, qui agace Moustique dans Merlin l’Enchanteur, et celle, avec ses copines, qui chantent la sérénade à la Petite sirène au moment de la promenade en barque) qui devient enfin principal. On nous vante la nouveauté en précisant que l'aventure se passe en Lousiane, et qu'on remet le jazz au goût du jour ; sauf que voilà, quand Bernard et Bianca vont sauver cette gourdasse de Penny prisonnière de Medusa, c'est au « Bayou du Diable », donc probablement en Louisiane ou dans le Mississippi ; et quant au jazz, si « tout le monde veut devenir un cat », c’est grâce aux Aristochats (et grâce à un orang-outang trompettiste, rappelez-vous). La nouveauté de ce dessin animé, de facture somme toute classique, tient en trois révélations :


1. Les héros s’embrassent spontanément. Alors bon, ce n’est pas un french kiss dégoulinant, mais c’est autre chose que le bisou-bisou du bout des lèvres du Prince Philippe pour réveiller la Belle au bois dormant, ou le bisou qui conclue l’aventure de deux héros et qui commence l’histoire d’amour.

2. On sait pourquoi les animaux parlent ! Enfin non, on ne sait pas, mais on notera que seuls les animaux s’entendent entre eux : en se transformant en grenouille, Tiana communique brièvement avec une chienne qu’en tant qu’humain, elle n’entendait qu’aboyer. Concrètement, les animaux parlent lorsqu’ils sont les sujets principaux, et ne communiquent avec les humains que par des manifestations animales : les Aristochats miaulent quand ils retrouvent « madame » mais parlent entre eux ; Rox et Rouky n’ont rien à dire aux humains, et ainsi de suite[1]. Il faut noter, mais cela pourrait être le sujet d’un tout autre article, que les animaux « méchants » ne parlent pas (et quelques gentils non plus) : Lucifer, dans Cendrillon, ne fait que miauler (alors que les souris parlent), au même titre que Pataud ne fait qu’aboyer. Les murènes de la Petite Sirène n’ont rien à dire (alors que sous l’océan, tout le monde chante en chœur), et les alligators de Médusa, pas d’avantage (alors que ça cause dans le bayou – à des fins techniques, seule la libellule Evinrude ne parle pas, elle vrombit[2]).

Et parfois, les animaux ne parlent pas du tout (Pocahontas, La belle au bois dormant[3]) et d’autres fois encore, ils ne font que ça, tant il n’y a pas d’humain pour ne pas les interrompre (vrais films d’animaux : Le Roi Lion ou Bambi où cette fois, c’est l’humain – méchant – qui est privé de la parole).

3. La bonne étoile ne permet pas tout : c’est l’enseignement du père à sa fille. La valorisation du travail ne se fait pas au détriment de la magie, puisque c’est toujours le vœu magique qui consacre les efforts mis en œuvre pour arriver à sa réalisation matérielle. Concrètement, la bonne fée vaudou arrive à un constat semblable : si moralement, les héros font la plus grande partie du chemin, le vaudou permettra une fin heureuse.

 

Croisons maintenant ce que nous enseigne deux œuvres qui n’ont, a priori, rien à voir, à l’exception du territoire duquel elles émanent – ce qui conditionne d’un coup toute la portée morale du scénario.

Tout d’abord il est question de mutation et transformation. L’avatar, comme son nom l’indique, est un « fac-similé », une « copie » du meilleur faussaire. La grenouille, malgré les instincts qu’elle semble acquérir au cour du film (son attrait pour les insectes volants), n’est pas un animal naturel : elle n’est que l’objet d’une transformation magique, comme celles qui ont fait les beaux jours des certaines grandes productions Disney (Merlin l’Enchanteur, Aladdin, Kuzco…). Les fins divergent : d’un côté, l’avatar est assimilé à son peuple d’adoption. De l’autre, alors qu’on s’attend à ce que les deux grenouilles le restent (et ç’aurait été une vraie révolution !), mais elles se retransforment en humains. Second parallèle : sur la planète des Navis, certains « vrais » humains restent ; à la Nouvelle-Orléans, l’alligator est intégré comme animal trompettiste, et pas transformé en humain comme il l’espérait.

Il est ensuite question de deux maux de la société : la guerre et l’argent. Conclusion des deux films : la guerre c’est mal pour l’argent, mais bien pour se défendre, et de toutes façons c’est eux qu’ont commencé (Avatar). L’argent c’est mal quand on est vénal (tel le Prince qui veut faire un beau mariage), mais c’est bien quand on en a besoin (pour ouvrir un restaurant – La princesse et la grenouille).

Enfin, ce qui dépasse l’entendement (Dieu – ou la nature, mais c’est sympa la nature) permet une fin heureuse. Dans Avatar la nature (qui n’est ni plus ni moins qu’une déesse, qui dispose d’un culte et d’officiers oeuvrant à son ministère (un shaman, quoi)) fait intervenir Ses créatures. Yann Arthus-Bertrand rencontre 2012. Pour la grenouille, la magie gagne mais seulement pour que les choses reprennent leur ordre naturel (les morts le restent, les animaux le sont toujours, les humains le redeviennent).

Les fins, en revanche, divergent, mais cela tient au scénario : dans le premier cas, l’aventure qui se transforme en quête prend fin sur une bataille entre les gentils et les méchants. Dans le second cas, le méchant se détruit seul et les gentils sont d’abord réunis par amour, mais ressortant de leur condition animale (alors que l’avatar est assimilé, puisqu’il doit en être ainsi pour que son amour reste viable), ils voient leurs souhaitent respectifs exaucés : Tiana a son restaurant et, marié, le prince récupère l’estime de ses parents (et probablement leur pognon, mais, à ce stade-là, on fait en sorte d’oublier qu’il était vénal).

Et tout est bien qui finit bien.

 

J*


[1] La belle et le Clochard ne parlent pas davantage aux humains avec lesquels, cependant, ils interagissent parfois de façon humaine (des chiens au restaurant, mhm ?).

Question, cependant : les souris parlent-elles à Cendrillon ? La seule fois où on les voit « communiquer », elles « montrent » plus qu’elles « n’évoquent ». Cendrillon suit des souris surexcitées pas parce qu’elles l’appellent mais parce qu’elles sont très agitées et l’entraînent dans la direction qu’elles veulent. Les seules exceptions : Le livre de la jungle et Tarzan, scénarios voisins du mythe de l’enfant-sauvage, où tout le monde communique avec tout le monde dans une belle allégresse – mais parce que l’humain s’assimile à l’animal.

[2] Car ainsi que le rappelle Wikipedia, « Evinrude est une marque de moteurs marin hors-bord d'origine américaine issue du nom son fondateur Ole Evinrude, l'inventeur du premier moteur hors bord commercial ».

[3] Même si, bien sûr, je dois remarquer une exception pour la Belle au bois dormant. Quand la blondinette raconte son rêve et parle du bel étranger qu’elle a vu au beau milieu d’un rêve, le hibou fait « hou ». En VF, il fait « hou », et Aurore répond quelque chose comme « Qui ? Mais mon prince, bien sûr », en VO, il fait « hou » mais demande, en même temps « who ? », et Aurore répond directement sans reformuler : « Mon prince, bien sûr ! ». Dans Merlin l’enchanteur, Archimède est le seul animal qui parle alors que le loup, le brochet et l’aigle (des vrais méchants) ainsi que les demoiselles écureuils ne parlent pas.

 

 


lundi, 04 janvier 2010

Vos résolutions pour 2010

 

Comme vous manquez sûrement d’inspiration, je vais vous livrer quelques-unes des miennes que je vais cacher dans d’autres propositions.

Acheter un dvd et un cd par semaine. (Une dépense de 10€ pour le total… Sisi… Pensez à acheter d’occasion !)

Avoir, chez soi, un instrument de musique et toujours un bouquet de fleurs fraîches.

Faire du sport deux fois par semaine.

Utiliser plus d'adverbes.

Arrêter de fumer. Ou commencer.

Bien se brosser les dents. Après chaque repas, et chaque cigarette, merci.

Être charitable, de bonne volonté, altruiste sans arrière-pensée ou cynisme.

Pour autant, ne pas se faire prendre pour un con.

Bannir les sucreries, à l’exception du chocolat, de façon modérée.

N’avoir avec ses collègues de travail, et a fortiori avec ses supérieurs, aussi amicaux soient-ils, que des rapports purement professionnels.

Lire au moins une demi-heure par jour, en plus du temps consacré à la lecture aux toilettes ou au lit.

Lire un Que sais-je ? par mois.

Faire ses courses en bio, même si c’est plus cher, même si ça a l’air snob.

Manger moins de viande.

Assortir sa crème de jour d’une crème de nuit.

Penser à mettre sa crème de nuit.

Ecrire plus de lettres et de cartes postales. Pas forcément quand on se déplace, juste pour signaler son existence à ceux qu’on aime ou ceux qui nous manquent (et qui sont parfois les mêmes).

Aller au musée une fois par mois.

Aller au cinéma trois fois par mois.

Chercher les mots qu’on ne comprend pas dans les livres qu’on a lu, en constituer un dictionnaire, les replacer dans une conversation, les oublier.

Relire les auteurs qu’on déteste et s’assurer qu’on les déteste vraiment.

Retrouver des amis du collège ou du lycée, mais sans passer par Facebook. Les revoir.

Aller à l’étranger.

Faire des photos en gros plan.

Tâcher de résoudre les conflits dans lesquels on est partie.

Faire son lit avant de partir.

Réfléchir avant de voter.

Penser au monde.

Se faire blanchir les dents.

Jouer au loto. Gagner.

Commencer une collection.

Faire des gâteaux pour le monde.

Être patient avec sa maman.

 

J*

mardi, 17 novembre 2009

Cronaca romana – Allitérations en fricatives

« La route est longue, et le ciel est immense », avais-je dit un jour à Michela – ou plutôt, une nuit, alors qu’elle m’appelait pour me demander de lui « dire quelque chose qui me passe par la tête. »

J’ai repensé à cela ce matin alors que je faisais le tri dans les photos que j’ai prises la semaine dernière à Rome. D’ailleurs tenez, je vais les numéroter, comme ça vous saurez de quoi il retourne. Les numéros entre parenthèses renverront donc aux numéros des photos proposées dans l’album photo ci-contre, et comme je suis un être bon, je vais faire ça de façon chronologique. (« Vertige de la liste », dirait Machin.)

La route est longue, donc, la strada è lunga, e il cielo è immenso (1) ; il me semble avoir déjà chroniqué sur le sujet.

Allitération en fricatives, disais-je. Allitération : « Répétition exacte ou approximative d'un ou de plusieurs phonèmes (surtout consonantiques) à l'initiale des syllabes d'un même mot, au commencement ou à l'intérieur de mots voisins dans une même phrase », fricative : « [En parlant d'une consonne] Qui donne une impression de frottement du fait que l'expiration de l'air, dans la production de ce son, se fait à travers le passage resserré du canal vocal. » (Définition du TLF.) Le son « fff », quoi.

FLOU, FEU, FONTAINE, FUMEE… FUCK !

Il pleuvait quand je suis arrivé. Le Pincio en était tout reverdi (2) et les fontaines en dégoulinaient de trop-plein (3), les chevaux marins faisant leur office (4 et 5), et le soleil reparu éclairait ironiquement les flaques qu’elle avait formé autour (6). Dans la cime des arbres il faisait se distinguer un cavalier (7), vert aussi, de bronze cette fois (8) ; et il creusait à ces arbres des ombres dans les rivages de la pelouse (9). Bêtement posé là, un nain de jardin (10) semblait me narguer. J’étais trempé, du moins, des pieds – j’avais acheté un parapluie à un vendeur à la sauvette, de ceux qui adaptent leur offre au climat : parapluie par temps de pluie, lunettes de soleil devinez quand, gadgets lumineux à la nuit et roses aux terrasses des restaurants. La chaleur du soleil faisait s’évaporer, de l’écorce des arbres pris dans ses rayons, l’eau de pluie qui avait détrempé leur écorce (11). En levant le nez j’ai immédiatement pensé à G.B. – « every cloud has a silver lining », derrière chaque nuage, le soleil ; après la pluie, le beau temps, quoi (12).

Dans l’immensité de la cathédrale du Latran – San Giovanni in Laterano – je me suis retrouvé surpris par des détails. Les mosaïques (13) des colonnettes du cloître (14), les ornements de chasubles cardinalices (15), d’autres fragments colorés encore (16) et encore d’autres fils d’or parant de papaux atours (17). Le Saint-Pierre de Bernini (18) garde toujours ses clés (19). Qui croire.

Le soir alors que j’attendais devant Sant’Agnese deux comparses pour aller dîner, un restaurant a pris feu. La foule s’est bêtement amassée devant l’entrée, alors qu’une épaisse fumée noire sortait de l’entrée principale (20).

Et puis dîner.

Le lendemain matin j’ai vu l’armée réviser ses couleurs, trois avions, trois couleurs (21) ; au-dessus des frères Cairoli, si bien que la fumée verte semble envelopper Enrico (ou Giovanni, allez savoir, tiens) (22). J’allais faire une petite visite à Santa Maria del Popolo, mais j’aurais dû prévoir que le tableau que je voulais y voir était à l’exposition conjointement consacrée à son auteur et Bacon – j’y reviendrai dans u moment. D’ailleurs sur la porte de l’église, on nous prévient : « Le Saint Paul de Caravage – La conversion de Saul – est dans l’immédiat exposé à la Galerie Borghese (et il faut payer pour le voir !) » (23). A l’intérieur une sibylle, une angelotte ou qui que ce soit (24) regardait de haut, avec une indulgence teintée d’ennui, une autre dame que le recueillement semblait terrasser (25), prête à laisser s’échapper son âme, distorsion de l’objectif, déjà sortie d’elle (26). Je m’en suis allé, en bonne logique, à la Galerie d’Art moderne de Rome. (Borghese attendra.) Les tortues, comme d’autres chevaux marins avant elles, sont là (27).

L’autoportrait, ou tout l’art du « tu n’avais qu’à le faire toi-même si ça ne te convient pas ». Après les autoportraits dans l’atelier de l’artiste, chez sa Maman, au café, j’ai vu plus grand : l’autoportrait à la galerie d’Art moderne (28), où se tenait une exposition retraçant les grandes expositions mises au point par Palma Bucarelli, conservateur dans les années 50-60. Intelligente et apprêtée (29), mélange de Pierre Restany pour le bouillon et de Grace Kelly pour le physique (à laquelle d’ailleurs la fondation Memmo rend hommage ces jours-ci dans son musée Via del Corso (30)).

Je ne conseillerai jamais assez d’aller dans ce musée. L’entrée est relativement abordable (ah oui, surtout quand on a un certificat de scolarité mentionnant « histoire de l’art ») et il est relativement peu visité (sauf qu’au moment où je m’y trouvais, un car d’Allemands se faisait promener). (Quand c’est deux fois relatif, ça doit s’annuler, comme deux fois plus ou deux fois moins.)

Le Nu assis d’Alberto Vianni (1953-54) n’a pas changé de place (31). Il restait quelques-unes des œuvres au catalogue Il museo come avanguardia, tel le Continuel lumière-mobile de Julio le Parc (1963) présenté devant le Lux de Nicolas Schöffer (1958) (32), dont voici, d’ailleurs, trente secondes de pur plaisir :

 

Un dernier aperçu au Luminoso mobile 135/B de Nino Calos (créé en 1966) (33) et nous revenons à l’exposition permanente ; les Songes de Vittorio Corcos (1896), tableau récemment rendu populaire pour être apparu en couverture d’un livre (34) ; la Résurrection de Bargellini (v. 1911) (35). Vous trouverez aussi les Trois âges de Klimt, le Portrait d’Irene de Cesare Tallone (1897) (36), les Constructeurs d’Arturo Tazzi (bronze de 1907), dans leur effort (37.1), rappellerons le Raising the flag on Iwo Jima de Joe Rosenthal (37.2) et la Nature morte de Francesco Trombadori (v. 1923) (38), la seule connue de Caravage. Dans d’autres salles, on s’appliquait à dessiner in situ des œuvres que rien ne prédisposait à la postérité estudiantine (39, et 40 pour le détail). Avant de partir j’ai repris dans l’œil les couleurs de Tancredi (A propos de Venise, 1958-59) (41), et salué le corps d’un homme, mort peut-être, mais qui en bronze semble dormir (42).

Alors qu’en France on se chamaille sur l’identité nationale, l’azione studentesca fait ses revendications au nom de « l’orgueil italien » (43). Passons. Le soir j’ai retrouvé Nino qui m’a amené voir le nouvel Ara Pacis, sauf qu’il s’agit du musée que je connais depuis trois ans – raté. J’en ai profité pour faire quelques photos du jeune homme, moins adolescent, et surtout plus calme devant l’objectif (44, 45, 46). Incursion Pixar et Ratatouille, nous sommes passé prendre l’apéro chez Gusto.

Encore un matin, et je suis en route, en passant par la via di San Francesco de Paola (47), pour l’église San Pietro in Vincoli, vide à cette heure (48), vide toujours peut-être, du moins de ses fidèles ; à moins que ce soit par souci écologique que l’eau bénite est disposée dans un saladier riquiqui plutôt que dans l’immense bénitier lui-même (49). Les anges qui gardent la crypte (50) ne sont pas précisément intéressés par ce qui s’y trouve : les supposés chaînes de Saint Pierre (51), les vincoli qui donnent le nom à la basilique. (52 : les nuages sont toujours ourlés de soleil.)

Des siècles d’architecture s’empilent à San Clemente, dont le petit cloître (53) et la fontaine (54) nous accueillent modestement. Du classique (Renaissance, quoi) (55), du médiéval : le cul-de-four (non, ce n’est pas un gros mot) révèle des mosaïques (56.1) qui rappellent celles de Santa Maria in Trastevere (56.2) – ou d’ailleurs il y avait une foule furieuse, désireuse de picorer son ostie, au moment où j’y suis passé (57). C’est même plus que médiéval, puisqu’il y reste même une schola cantorum (on ne le voit pas sur mes photos, c’est un genre d’enclos au sol réservé aux moines pendant l’office), transportée de la basilique initiale du VIème siècle à celle, rénovée, du XIIème. Je ne vais pas vous noyer sous les détails, mais c’est un genre de jubé, comme on l’a connu en France (bien qu’au cours du temps, et avec le détachement des communautés monastiques des édifices auxquelles elles étaient attachées, cet élément ait sauté pour faire plus de place aux fidèles). Voilàvoilà.

Bon sinon il y a même un gros morceau de baroque au plafond : caissons dorés, peintures (58), n’en jetez plus. La photo 59, c’est cadeau, j’ai acheté un plan de l’église pour vous faire l’article, mais là, maintenant, j’ai la flemme… C’et une chapelle latérale avec une statue, voilà.

Bon et sinon, sachez que les pigeons sont à Rome ce que les rats sont à Paris : nombreux, répugnants et gourmands. (A ceci près qu’un pigeon, c’est crétin.) Ici, rien ne se perd, pas même le fond de votre assiette de la veille dans laquelle il a aussi plu dans la nuit (60). Le Triton de la fontaine éponyme boit la même eau depuis des années, lui (61). Je rejoignais Luigi en passant par le Colisée ou une statue de Deredia y est songeuse (62), le regard tourné direction via dei Fori imperiali. L’art du remploi : un sarcophage sert ici de fontaine (64). La nuit à Rome, les ruines sont des monuments lovecraftiens qui se taisent sur des gloires passées (65), ici et là, quelques points lumineux d’habitats troglodytes (66) desquels émerge une tour digne de Tolkien, qui semble dévorée par les flammes (67). Ici l’éclairage est orange, et la lune, bien au-dessus, fait pâle figure (69).

En remontant la via, je remonte aussi le temps : dans mon dos le Colisée, devant moi, le Vittoriano, qui n’a plus l’air en travaux mais coincé dans un emballage néoréaliste d’Arman (70). Et marcher, toujours marcher, monter des marches et les redescendre (71), chercher les palais derrières les grilles (72).

Je suis allé voir This is it, et je suis ressorti du cinéma convaincu de deux choses : 1. que M.J. (comme ils disent) était bien un génie ; 2. qu’un génie peut l’être sans forcément savoir s’habiller (et ça, c’est rassurant pour nombre de chercheurs). Franchement. Mettez ce grand échalas, physique de Sigourney Weaver, dans le costume de Klaus Nomi, ajoutez un pantalon orange, et vous y êtes. MJ donne cette impression, un peu comme Karl Lagerfeld, qu’on a amidonné plus que le col de leur chemise. Petite pensée pour Mum et Michael Douglas : la scène d’ouverture ressemble à s’y méprendre à celle de Chorus Line ; des dizaines de danseurs en rangs d’oignons, éliminés peu à peu par un assistant, tandis que le King of pop donne son avis depuis les gradins vides. (One ! Singular sensation, every little step she takesTululululululu… Pardon.)

Des Espagnols me demandent leur chemin, je les induis en erreur et m’enfuis avant qu’ils ne se rendent compte que mes explications les envoient à l’opposé de ce que leur indique leur plan.

Rejoint le vendredi par J.-F sous une pluie fine et déplaisante. Les flaques ont tôt fait de devenir des mares et les caniveaux, des torrents. Cette sensation d’appartenir à Rome, d’être possédé, après l’avoir possédée. Nous avons retrouvé ses nièces, la plus jeune est le prototype de la fillette que je crains : petite, blonde, des yeux clairs, prête à attaquer. Elle a déjà attrapé son oncle (73) dans un tournoiement rose, se fixe brièvement (74), je saintgeorgise et terrasse le dragon (75). 76, image de la mère avec sa plus grande. Le repas est fini, n’en restent que ses reliefs (77 à 80), natures mortes, vestiges. Le lendemain Persée (81), pas bougé de son jardin, pas plus que la colonne de Trajan (c’est bien Trajan, mhm ?) (82).

Nous sommes allé déjeuner à la limonaia de la Villa Torlonia, architecture (83), nature (84), maison de Berlus… Pardon, de Mussolini (85), où un chat à ses habitudes avec une promeneuse (86). Le dragon terrassé se fait malaxer par sa sœur (87). Le soir, en sortant de l’exposition Caravage/Bacon de la galerie Borghese, J.-F fait en photo la synthèse des deux : le clair-obscur calme et posé de Caravage (88), le mouvement inquiet, l’anamorphose presque, de Bacon dans l’instant qui suit (89). Je pose une première fois (90), je suis flou la seconde (91). Un fêtard s’est oublié viale Washington (92).

Je n’ai bientôt plus de batterie sur mon appareil photo ; que faire ? Tout raconter ?

Plus tard Nino nous a rejoint avec son habituel retard (qui consiste à prendre du retard sur le retard déjà prévu). Apéro, dans un endroit où j’ai eu mes habitudes ; endroit plus connu que l’imaginais puisque nous y avons rencontré une photographe française qui travaille à la nouvelle édition d’un guide que j’avais dans mon sac – « édition de 2005 », s’est-elle amusée, « on y trouve surtout des adresses d’antiquaires et de merceries ». Désagréable. Nous avons rejoint Campo de Fiori, et il nous a soudainement semblé à Nino et moi que J.-F parlait comme Mikael. Bond en arrière. Que fait le suisse ami ? Aux dernières nouvelles de la physique nucléaire en Arabie Saoudite.

Nous avons changé d’endroit une bouteille plus tard, direction un autre locale près du forum ; la clientèle est dehors, il n’y a dedans que la place pour quelques tables et le bar. Nino est déjà brillo, mais je l’enjoins à suivre le mouvement. Il siffle une vodka-citron en cinq minutes. Je croise Luigi et Carlo. Nino a retrouvé des camarades, nous présente. J.-F se fait taxer une cigarette par un inconnu. Trois grosses filles gloussent. Marco fait semblant de se fâcher quand je l’appelle Carlo. Nino nous explique que Gian Marco est le fils du ministre de je ne sais plus quoi et que son grand plaisir consiste à faire le tour de Rome dans la voiture officielle de Papa. Nous prenons un taxi et laissons Nino à Termini pour qu’il prenne son notturno. Le chauffeur nous arnaque avec le sourire, je n’ai plus la force de protester.

Dans la nuit qui a suivi, j’ai rêvé que mon oncle me donnait deux tubes d’aspirine immenses. Dans le rêve suivant me rejoint Mme M…, ma prof d’option Histoire de l’art durant ma dernière année de droit (l’Histoire de l’art pour les nuls, mais en plus concis et écrit plus gros). Elle me donne deux heures de colle, pour un motif probablement injuste. Et clairement je me dis « chouette, deux heures d’études, je vais pouvoir faire ceci ou cela, mais non, la vilaine m’a donné, en plus, une dissertation à faire.

Je suis dimanche allé me promener. J’ai attendu que l’office finisse à San Vitale (93) pour faire quelques photos, en attendant j’ai remarqué que les chapiteaux des colonnes sont grignotés par le temps et la pollution (94). L’intérieur (95) a été laissé aux bons soins de quelque fresquiste fou qui a tout recouvert d’épisodes bibliques et de trompe-l’œil (96). Je me promène toujours, une fontaine rabotée propose son ravitaillement directement au tonneau (97). Je vais dans le Trastevere en passant par le pont Garibaldi, je vois au loin une statue de l’hôpital Fatebenefratelli (« faites bien, mes frères ! ») qui semble, d’où je suis, posée sur la canopée des arbres l’entourant.

Je vais déjeuner chez Zi’ Umberto, place Saint Giovanni della Malva. Il y a plus de touriste qu’avant. L’oncle Humbert s’est péniblement mis à l’Anglais, a étiré ses prix mais pas ses portions. Vabbè, la mozzarella de bufala est extrafraîche et les raviolis sont toujours faits maison. Le tiramisù me donne des envies de mariage blanc. Je pense tout à coup à MP qui voulait voir Rome mais qui avait décrété qu’après sont dernier voyage à Biarritz, il n’y en aurait plus.

J’ai envie de rester, ou de partir ailleurs, mais pas de rentrer. Je pense à Hemingway qui écrivait debout, à J~ qui le déteste, je rêve de funérailles grandioses, genre Eva Peron ou Lady Di.

Il était question d’aller voir la vue panoramique depuis le Vittoriano, mais je n’ai plus de batterie sur mon appareil photo, d’ailleurs je n’en ai plus non plus sur mon téléphone, et je crois que

J*

lundi, 26 octobre 2009

Les réponses à dix questions qu’on ne m’a jamais posées

Non, je j’ai jamais été à Disneyland.

Mes sonates préférées de Scarlatti sont les n° 95, 113, 137, 140, 141, 274, 309, 420, 531, 547. Ce fut un travail difficile de sélectionner parmi les 555  existantes. Pendant un an, j’ai régulièrement fait tourner sur mon lecteur mp3 les 34 cd de l’intégrale enregistrée par le merveilleux Scott Ross, pour finalement arriver à cette liste. Mais bon c’était en 2005, faudrait sûrement que je recommence.

La dernière fois que j’ai fait un « oooooh ! » de surprise, c’est quand j’ai inopinément écouté une version de I love Paris par Ella Fitzgerald, et que j’ai trouvé une très nette ressemblance entre l’introduction de cette chanson (la grande envolée de violons) et le thème d’une B.O. de Craig Armstrong, Love actually. Comparez ladite chanson au thème susmentionné (allez directement à 1:00 min. dans la vidéo).

J’aimerais remarquer ici, puisqu’on ne me le demande pas, que Love actually est probablement la meilleure comédie romantique jamais réalisée jusqu’à ce jour. On y trouve un Hugh Grant au sommet de sa forme, plein d’acteurs britanniques qu’on aimerait voir plus, et puis Colin Firth y parle portugais, et Keira Knightley a encore de la viande sur les os.

Les derniers produits culturels que j’ai achetés : ben voilà, on est lundi, et le lundi, une des premières choses que je fais, c’est traîner sur les sites de vente en ligne (amazon étant mon préféré) : j’achète un cd et un dvd chaque lundi matin (l’occasion, ça a du bon). Alors voilà, ce matin, c’est Partie traumatic de Black Kids et Arsenic et vieilles dentelles de Capra. Jamais vu, il est temps. Et puis je vais peut-être bien acheter le dernier Biolay, pour voir - demandez-moi lundi prochain !

En revanche, les livres, la plupart du temps, je les achète neufs, et j’aime bien les feuilleter avant...

Ce dont je vais déjeuner à midi : aucune idée, mais quelque chose de léger. J’ai fait gras ce weekend.

La dernière invitation que j’ai reçue, c’est pour fêter les trois ans de Ninja [art] magazine à la Générale en Manufacture. J’ai moyen envie de courir à Sèvres pour voir trépigner Georgette Kala-Lobé et des gens se faire tatouer, mais j’enverrai un ptit mot de remerciement.

En ce moment, j’écoute France Inter.

Être Français, selon moi, c’est assurément, M. Besson, ne pas s’arroger le droit de réécrire la constitution. Être Français, c’est être habité de certaines qualités (pas forcément toutes, restons humbles) qui ne sont pas fournies en pack avec le privilège de la naissance.

Le dernier vrai objet que j’ai acheté, qui n’est pas un livre, un cd ou un dvd, c’est un beurrier.

Cet après-midi, je vais bosser sur Caravage. Enfin, sur son œuvre, et probablement prendre un café (ou un thé, tiens) avec un nami.

J*