lundi, 11 août 2008
Réponses
Salut à vous, lecteurs.
Voici donc quelques-unes des… Attendez, je recompte… Trente-quatre questions que vous m’avez envoyées par mail. (Ce n’est pas énorme, vu le volume de lecteurs, mais c’est déjà pas mal.) J’ai commencé de répondre à certain(e)s d’entre vous, mais le temps m’a manqué…
A.
Pourquoi il n’y a rien d’écrit sur le mariage de ta frangine ? Et finalement c’était bien ?
Ah ! La question à 100€. Parce que la dernière fois que j’ai fait une allusion sur le sujet, cette dernière l’a très mal pris. Mon père m’a demandé de ne rien écrire sur le sujet, sans quoi c’est lui aussi qui serait fâché contre moi. J’ai donc cédé, bien que cela m’ait démangé de tout raconter au nom de la liberté d’expression.
Finalement ce fut un bon moment. Certains invités étaient très sympathiques, et il n’y a eu aucun incident majeur, malgré les rapports tendus que j’entretiens avec ma sœur.
Tu pars en vacances ? Où ? Quand ?
Quelques jours à Rome en septembre, et durant l’été, quelques jours ici et là, selon qui et quand peut m’accueillir.
As-tu un animal ? Son nom ?
J’ai eu un animal. Un rat prénommé Sokratt, ravi à mon affection dans sa troisième année. Il y a également une chienne qui a beaucoup compté, qui est morte l’année dernière. En début d’année j’ai failli accepter de prendre en pension une petite sprinkler, mais je mène encore trop ma vie par monts et par vaux pour offrir à une petite bête la stabilité d’un foyer. Et puis un chien – même petit – en appartement, ce n’est confortable ni pour lui ni pour son maître.
Que penses-tu de Monsieur le Président ? Et notre pouvoir d’achat ?
Je vais me servir de cette question pour rappeler que je n’évoque jamais mes opinions politiques sur ce blog, bien qu’il m’arrive de parfois commenter certaines actions politiques sous couvert d’une analyse juridique. Par exemple, la bonne question ici aurait été : « Que penses-tu de la dernière réforme constitutionnelle ? » Ça m’aurait sûrement tenu une page…
Pour ce qui est du pouvoir d’achat, je n’ai pas d’opinion. Je crois à l’épargne. Je pense que les gens ne réfléchissent pas assez à la façon dont ils dépensent leur argent, et je m’inclus dedans. Je déteste avoir un découvert autorisé !...
Raumain
Comment tu trouves ma robe ?
Ravissante. Elle te met en valeur le galbe de ton viril mollet.
Fanny
A propos de mourir jeune, as-tu lu Hervé Guibert ? […] Si oui, t’as trouvé comment ?
J’ai lu Guibert effectivement, il y a longtemps. J’avais lu L’homme au chapeau rouge il y a quelques années. Au-delà d’un sentiment diffus de malaise qu’il m’avait provoqué, ce livre m’avait surtout ennuyé. J’étais sans doute trop jeune, et j’aurais peut-être mieux apprécié l’évolution si j’avais commencé par Le protocole compassionnel. L’année dernière j’ai lu Le mausolée des amants (dont j’ai relu quelques pages pour écrire ma réponse), qui a eu un tout autre effet sur moi ; il me semble que Guibert trouve souvent les mots justes pour dire des choses parfois difficiles à exprimer. D’un autre côté, certains passages sont lourds, certains autres trop crus. Je présume que la forme du « journal » laisse toute latitude à son auteur sur ce qu’il veut raconter (par exemple ses rêves, dont on ne peut s’empêcher de supposer qu’il les scénarise de temps en temps), et comment (les phrases sans verbe, notamment, déconcertent au début, mais finalement scandent assez bien le récit). Si l’on a le sentiment parfois qu’il écrit des choses vraiment importantes, qui font sens, c’est parce qu’il s’agit de réflexions personnelles que l’on pourrait nous-mêmes avoir, et qui sont somme toutes assez banales – mais leur place est bien celle d’un journal intime, probablement pas destiné à la publication, ou alors pas sous cette forme entière et décousue.
Ce n’est donc de mon point de vue une lecture ni nécessaire, ni facile, ni plaisante. Cependant le propos de Guibert sur la mort est intéressant, dans Le mausolée des amants, parce qu’il est une réflexion générale, pas du tout teintée de cette « inéluctabilité personnelle », si je puis dire. Il s’agit de commentaires sur la déchéance de sa tante, sur l’emprise de la vieillesse de sa mère, ou sur la perte de ses cheveux – tout cela le renvoie à une considération intime du sujet, plutôt interrogative, et fataliste seulement dans la mise en abîme d’une vie.
Pierre
De quelle couleur deviennent les schtroumpfs quand on les étrangle?
Violet, non ?
Christine
As-tu une « madeleine de Proust », et si oui, qu’est-ce?
Cette question m’a vraiment fait réfléchir, et ma réponse ne sera pas vraiment originale.
Le parfum, les effluves, les senteurs, sont ce qui me ramène le plus en arrière. Le parfum de ma mère. L’odeur d’une vieille armoire, qui se mélange à celui de la lessive sur du linge propre. Souvent, au moment où je m’y attends le moins, des parfums surgissent et me renvoient en des lieux et des temps que j’avais négligemment oubliés : une colonie de vacances, un descente de rivière en kayak (si, il y a une odeur pour ça), un orage d’été pendant une sieste sous la véranda (celui-là m’est revenu il y a quelques temps d’une façon fulgurante), un croque-monsieur. L’odeur de la nourriture, oui, renvoie elle-même à un repas rituel, qu’on ne prend (prenait) qu’en un endroit particulier, avec une compagnie particulière – comme l’encens de l’église (on n’est d’accord, ça ne se mange pas, mais tu as compris l’idée).
J’avais lu quelque part que les odeurs sont ce qui nous permet de revenir le plus lointainement dans le temps. On dira donc, pour conclure, qu’elles sont pour ma part ma « madeleine de Proust », en ce sens qu’en plus de me faire revenir dans le temps, elles font ressurgir des souvenirs jusque-là cachés dans un recoin de ma mémoire.
Quelle est la chose la plus démesurée que tu aies osé faire dans ta vie ?
Malgré mon goût prononcé pour la dramatisation, je ne fais rien de démesuré. Ou alors si mais dans ce cas, tout ce que je fais l’est, ce qui n’est pas improbable. « A l’aise dans la démesure », comme le dit Barbara Carlotti dans une de ses chansons.
Il est arrivé qu’on soit… euh, « étonné » par certains de mes actes, mais ils restent parfaitement naturels pour moi. Je reste un fantasque constant, qui n’a pas vraiment changé (toi seule peut émettre un avis, sur ces douze dernières années…), mais ma vie s’est chargée de mécanismes, qu’il m’est arrivé moi-même de compliquer en roues dentées et engrenages dans lesquels, parfois, j’aurai envie de mettre un coup de pied. Pour voir. Mais faire cela, de nos jours et à notre âge, ne passe plus pour de la fantaisie ou une gentille excentricité. On devient plus vite marginal que millionnaire ; on est plus facilement enfermé que libéré.
Une habitude que je n’ai pas perdue, c’est prendre des trains (rappelle-toi ce texto que tu m’as envoyé le 12 mars dernier : « tu devrais avoir un lit couchette à ton nom à la sncf !! »). Je suis le genre de type qui fait cinq cents kilomètres juste pour arriver quelque part et faire « ta-daaah ! ». Il m’est arrivé ainsi de faire un Clermont-Strasbourg via Paris simplement pour donner une lettre en mains propres à quelqu’un, un Lyon-Clermont pour résoudre une conversation téléphonique qui avait tourné à la bouderie, etc.
Cela étant, la démesure relève souvent chez moi de l’escalade dans un sentiment particulier. C’est ce que j’évoquais en parlant de « dramatisation ». Mon sentiment enfle, grossis, écrase les autres, et de là j’agis. Enfin, disons que maintenant j’agis ; avant, j’avais tendance à proférer des représailles (terme pas forcément négatif ici), qui restaient déclamatoires. Désormais, j’ai plus de suite dans les idées. Hélas…
R. R.
Combien de temps (accumulé) par semaines consacres-tu à tes cheveux, et comment ?
Enfin une question de fond ! Après un calcul sérieux, le résultat approche les 80 minutes hebdomadaires.
A quelle(s) personnalité(s) trouves-tu que tu ressembles physiquement et intellectuellement?
Absolument aucune, même si j’entends souvent dire que je ressemble à Romain Duris. C’est l’effet poils, je présume. Il n’y a pas si longtemps, tu m’avais dit que je ressemblais à… Je ne sais plus quel chanteur. Je me rappelle que tu avais pris beaucoup de précautions pour me dire ça :)
Syl.
Pourquoi le Brésil ?
Pourquoi Christine Angot, surtout ?
J’ai lu que la rentrée littéraire allait être mouvementée. Simple effet d’annonce, où allons-nous enfin voir un Celebrity Death Match entre Christine Angot et Amélie Nothomb dans une future émission littéraire ?
Alexandre (question également posée par A.)
De quoi parle ton mémoire ?
Il s’agit d’un essai tout à fait passionnant sur les éléments de natures mortes dans les œuvres de Caravage. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y coller un peu de phénoménologie !
Actuellement en cours de relecture. Je ne manquerai pas d’avertir mon lectorat de la date de soutenance. Viendez nombreux !
Ben
Par qui et/ou pourquoi as-tu été surpris récemment ?
Depuis quelques temps je travaille dans une agence bancaire et, pour la première fois de ma vie, au guichet – ceux qui me lisent depuis plusieurs années savent que j’ai moult fois officié pour la BNP, mais en back-office seulement.
J’ai été surpris par le chaleureux accueil des autres personnes qui y travaillent, qui m’ont aussitôt aidé, expliqué, soutenu. Excellente ambiance de travail. Du coup je leur ai fait des lasagnes la semaine dernière.
J’ai été – désagréablement, cette fois – surpris par la facilité de certains clients à dépasser les limites de l’impolitesse, s’emportant (en public, en plus !) contre le guichetier (notamment moi, donc) comme s’il était responsable de son découvert, ou parce qu’il refuse de lui donner de l’argent. (Eh oui, quand il n’y a pas d’argent sur le compte, on ne peut pas en prendre ailleurs…) Autre moment pénible, devoir faire un virement du compte d’un enfant vers celui de son père pour « payer le loyer », me déclara ce dernier en souriant.
Stef
Tu lis quoi en ce moment ?
Des choses qui piquent dedans la tête, aïe, ouille, comme Mécanique quantique, une introduction philosophique de Michel Bitbol. Des choses pour panser mes plaies neuronales, comme Les fourmis ont-elles un trou du cul ? de Butler et Vincent. Je n’ai pas encore fini l’intégrale de Desproges (mais j’y suis presque) et je ne m’en sors pas du Kaddish d’Allen Ginsberg.
Prochainement, je vais me plonger dans le Spécial concours attaché territorial dont le titre fascine les imaginations les plus débridées. Si.
N.
Alors, heureux ?
Parfois comme jamais. Plus souvent et pleinement, rarement !
J*
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dimanche, 03 août 2008
Salut à toi, foule
Un ptit mot pour vous avertir, lecteurs, que je répondrais bientôt – personnellement et ensuite, après sélection, ici – dans les prochains jours. Allez, disons que ce sera fait d'ici dimanche prochain... Il vous reste donc une semaine pour envoyer de nouvelles questions.
Bon dimanche,
J*
10:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











