vendredi, 16 janvier 2009

Des nouvelles de Michela

En fait je vais plutôt vous parler de cinéma et très succinctement, de Philip Glass. Oui, encore.

 

Sur le conseil de Matteo, camarade Sarde en visite à Lyon quelques jours, je suis allé voir Il Divo il y a quelques jours.

 

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Non, je ne parle pas du groupe de bellâtres qui pensait faire carrière en reprenant un titre de Toni Braxton. Toni Braxton elle-même n’a pas eu du succès en chantant du Toni Braxton.

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Le film de Paolo Sorrentino, donc, qui évoque transversalement quelques faits politiques de l’homme politique italien Giulio Andreotti. Sept fois chef du gouvernement, vingt et une fois ministre, le vieux rabougri – ben si, quatre-vingt dix ans il y a deux jours, quand même ; et bon pied bon œil ! il a été nommé sénateur à vie en 1991 – aurait trempé dans divers scandales, liés notamment à la mafia, aux Brigades rouges…

Excellent film, qui d’ailleurs a obtenu je ne sais quel prix à Cannes, qui rappellera peut-être, dans le traitement à cheval entre le film noir et le film « drôle mais seulement de façon fortuitement ironique », le Caimano de Moretti sorti en 2006. Sauf que quand Moretti tapait (non sans maestria) avec une joie non dissimulée sur Berlusconi (vous savez, celui qu’on appelait le Nain hystérique avant que l’Europe ne fasse la connaissance de Sarkozy), Sorrentino, par moment, laisse (fût-ce brièvement) un peu de bride à l’interprétation du personnage d’Andreotti. J’en veux pour exemple le monologue (qu’il commence par « Livia », comme s’il s’adressait à son épouse, avec laquelle il a une discussion juste avant) où le personnage explique, dans une longue phrase qui s’emplit de tension en même temps que l’acteur se vide d’air, qu’il (a) fait le mal pour faire le bien, et qu’en gros, il n’a pas à se le reprocher. « Il connaît tous les rouages du pouvoir et ses dessous et n'hésite pas à utiliser tous les moyens », expliquait Marco Tarchi, professeur de Sciences politiques de l'université de Florence (dépêche AFP).

Sorrentino autorise une vraie épaisseur au personnage, ce qui est indispensable pour traiter de sujets politiques, et ce qui a probablement un peu manqué à Moretti (à sa décharge Il Caimano est un film dans le film, une mise en abîme du thriller politique dans la comédie dramatique).

Andreotti mourra probablement avec ses secrets, mais pas tous. Dès le début du film, son personnage déclare « J’ai peu d’imagination, c’est pour cela que j’ai beaucoup d’archives » ; et la dernière scène nous le montre se promenant dans un sous-sol, ou un garage, où des rayonnages entiers ploient sous le poids de gros dossiers, tandis qu’une ligne précise : « archives d’Andreotti ». « On a beaucoup exagéré son côté noir. Il faudra attendre que ses archives personnelles soient dépouillées », déclarait Sergio Romano, ancien ambassadeur d'Italie à Washington (ibid.). « Il a tout gardé, accumulant des milliers et des milliers de dossiers. »

Un film à voir donc, pour le traitement intelligent du propos, l’interprétation absolument parfaite de chacun des acteurs (même Fanny Ardant, qu’on voit brièvement, et qui somme toute joue principalement le rôle de Fanny Ardant : « Bonsoir, je passe faire la belle en civil, je reviens dans une autre scène en robe de soirée. Allez-y, vous pouvez m’aduler »), et la réalisation tout à la fois nerveuse et maîtrisée.

On peut aussi en rire, comme le prouve cette vidéo portée à ma connaissance par Guillaume, qu’il en soit ici remercié :

 

En fait je voulais parler de Michela parce qu’en sortant de ma séance en VO, j’ai eu envie de parler Italien. Elle part deux mois au Guatemala et la dernière fois qu’elle a eu des nouvelles de Mikael, il était en Arabie Saoudite.

 

Passons au second film, et n’ayons pas peur d’être varié : Enchanted (Il était une fois), une grosse production Disney.

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Le pitch tient sur un timbre : les aventures d’une princesse de conte envoyée par une méchante reine/sorcière dans le monde réel (New York), où elle rencontre un avocat aigri et père d’une orpheline (c’est-à-dire que sa femme est morte), et où la suivent son prince charmant, l’homme de main de la reine, et finalement, la reine. (Sans blague, on s’y attendait pas.)

Le rôle de la princesse Giselle (une princesse de ballet, fatalement) échoit à Amy Adams. Que ceux qui ne connaissent pas Amy Adams se procurent immmmmédiatement Drop Dead Gorgeous (Belles à mourir), son premier film, où elle tient le rôle d’une candidate à un concours de miss ; candidate un brin nymphomane qui déclare à sa comparse Kirsten Dunst : « Si jamais on m’assassine et que c’est toi qui m’embaume, tu pourras cacher les suçons sur mes cuisses ? » (ou quelque chose comme ça)[1]. Rappelons au demeurant que Belles à mourir est, de tous les films qu’à tournés et va tourner Kirsten Dunst, le seul qu’elle ait jamais réussi. Virgin Suicides compris, qu’on arrête de me les briser avec ce film.

Bref, Amy Adams est absolument parfaite pour le rôle. D’abord parce que c’est une bonne actrice, au contraire de Kirsten Dunst, ensuite parce qu’elle sait chanter et danser, et pour conclure parce qu’elle n’a pas l’air sur le point d’attaquer à la gorge lorsqu’elle sourit, contrairement, donc, on l’aura compris, à Kirsten Dunst, qui est au cinéma ce qu’Axelle Red est à la musique et Juliette Lévi à la littérature. (Oh bordel, ça fait du bien.) Elle campe le rôle de Giselle-la-Courge avec talent ; Giselle qui n’est jamais triste, ou qui pleure vite et bien quand c’est le cas ; Giselle qui communique avec les animaux pour faire le ménage ; Giselle qui se découpe des robes dans les rideaux et les tapis ; Giselle qui chante et rameute avec elle tout Central Park, et qui pense qu’un true love’s kiss résout tout. On pourrait s’amuser à compter les références à tous les autres dessins animés de Disney ; quelque part, même, on regrette presque que le script n’ait pas encore plus forcé le trait.

Giselle est candide. Et sa candeur vaut bien les conseils d’un avocat, interprété par Patrick Dempsey, que pour ma part je n’avais vu qu’une fois, dans Grey’s Anatomy. Il joue comme une poêle en fonte, mais il ne s’en sort pas mal. Oh oui, la sorcière est jouée par Susan Sarandon, qui est bien sûr très drôle. Susan Sarandon pourrait être drôle dans le rôle d’une poêle en fonte, si elle le voulait. James Marsden (et toutes ses dents) interprète le Prince Edward avec juste ce qu’il faut de second degré. Bref un bon film, qui permettra à toutes les mères de s’assurer de la future sexualité de leurs petits garçons : s’ils connaissent le refrain d’au moins une chanson après seulement un visionnage, vous en ferez sûrement un coiffeur ou un fleuriste. (Ouais, n’ayons pas peur de cumuler les stéréotypes.)

 

*

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Je conclurai brièvement par une information tout à fait fondamentale : Nonesuch a sorti une rétrospective de l’œuvre de Philip Glass, une Glass Box qui contient dix cd et un épais livret explicatif. (Voir le détail.) Vous imaginez bien que j’en parlerai très, très longuement une prochaine fois.

 

J’en profite donc pour faire le point sur une discussion que j’ai eue avec F., au sujet de l’œuvre Mad Rush. Mad Rush est donc bien une œuvre pour orgue de la fin des années 70, que l’on retrouve interprétée par Philou lui-même dans l’album, mais que le grand public à d'abord connu dans sa transcription pour piano, et a, pour ainsi dire, rédécouvert dans l'interprétation de Steffen Schleiermacher. Je note pour conlcure que l'organiste Donald Joyce avait sorti sa version, Glass Works, d'une excellente qualité (sur orgue à 4861 tuyaux, quatre claviers et 70 pédales, précise le livret. C'est donc bel et bien l'arrangement pour piano que l'on peut écouter sur l'album En concert avec l'orchestre Lamoureux des Rita Mitsouko.

 

A propos du titre de l'album de Donald Joyce, je conclus par une petite blague qui doit être racontée exclusivement en Anglais pour cause de jeu de mots intraduisible :

“Philip Glass organ works

-Yeah, mine does too.”

 

J*

 

 



[1] Au moment de poster, j’ai trouvé sur imdb une autre quote qui vaut pas mal le coup : “Oh yeah... I’m really nervous... it's been about, 2 months. I haven't told my boyfriend yet. How did you know? [pauses] OH! You mean about the pageant! Yeah!”

Ami lecteur, tu dois voir ce film !

Commentaires

70 pédales, rien que ça !... En tout cas, forcément ça fait du bruit.

Écrit par : BruZ | samedi, 17 janvier 2009

Je te trouve bien dur avec Toni Braxton, la chanteuse qui a tellement peur de passer inaperçue qu'elle susurre son propre nom au début de chacun de ses opus.
Bon, maintenant il faut que je me dégote "Il était une fois" : je dois renouveler mon répertoire de chansons de pd...

Écrit par : Pitou G | samedi, 17 janvier 2009

..Hem, je te rappelle mon cher fils que je ne parle toujours pas anglais(snif!)et , j'avais vu la vidéo il y a environ deux semaines, et je trouve ça......affligeant!
Et, non pas encore du philip Glass..arghhhhh,...je te rappelle ta promesse, hummmm!.....et, ah oui je suis d'accord pour Susan SArandon qui est capable de tout jouer...

bises

Écrit par : mum | mardi, 03 février 2009

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