mardi, 01 septembre 2009
Glorieux Quentin
Histoire de me rappeler à votre mémoire en ce premier jour de septembre, je pensais vous parler du dernier film de Tarentino, mais je risque le spoiler à chaque ligne. Je vais m’y risquer cependant.
(C’était ça ou mes vacances…)
J’avais entendu dire à la radio que c’était le genre de film qu’on aime pleinement, ou pas du tout. Je suis tenté de confirmer, mais, quoique définitif, je n’en reste pas moins un garçon nuancé ; donc, explications.
Que les choses soient claires : amis de la vérité historique, ayez de l’humour, car Tarentino ne s’attache pas à raconter des faits authentiques. Ça aurait pu avoir lieu, mais ça n’a pas : l’histoire d’un petit groupes de militaires, ou plutôt de francs-tireurs, décidés à déboulonner du nazi – ou plus exactement, à scalper du nazi. Si si. C’est sur ce pitch éminemment concis que se fonde le film, avec en filigrane une deuxième intrigue (le mot est peut-être un peu fort) qui vise à peu près à la même chose, si bien qu’à la fin, les protagonistes se retrouvent. Sans jamais se rencontrer, cela dit, ni avoir connaissance des complots des autres, du coup, tension chez le spectateur : vont-ils s’entretuer sans le savoir ? En fait on s’en carre, puisque que comme d’habitude chez Tarentino, à peu près tout le monde meurt, et les survivants ne sont pas ceux qu’on n’imagine au départ. (ça va j’en dis pas trop là ?) Tout le monde sur le même pied d’égalité : le simple nazi va se faire démolir la tronche comme une fillette entre les mains de supporters anglais dont l’équipe vient de prendre une branlée, et la belle blonde va se faire étrangler comme une demi-pute ukrainienne par son maquereau dans l’arrière-cour d’un bar sordide parce qu’elle n’a pas fait son chiffre hebdomadaire. Au final les héros ne sont pas ceux que l’ont croit, et quelque part, c’est agréable de se laisser surprendre.
Comme il l’avait fait pour Une nuit en Enfer, Tarentino se sert d’une situation (un prétexte ou un contexte) pour faire se battre des gentils contre des méchants. Pas de psychologisme confondant (sauf peut-être dans la scène d’ouverture) : les gentils sont beaux et drôles, les méchants sont flippants et cyniques. Les gentils sont en sous-effectifs et se battent, comme ils peuvent (et comme on dit, avec « l’énergie du désespoir ») contre les méchants, en surnombre. Les alliés sont des têtes brûlées qui n’ont rien à perdre et sont prêts à mourir pourvu qu’ils aient réglé leur compte aux nazis. Le calque est parfait entre les deux films que je me propose de comparer : les alliés sont les gentils qui se font coincer dans un bar glauque, les nazis sont les vampires qui se révèlent à la nuit. Ce n’est ni plus ni moins qu’un western, et la bande-son, qui emploie régulièrement Morricone, n’est pas qu’un clin d’œil : c’est premier degré. On se fend la poire, mais quand même, on est sérieux, les gars.
Néanmoins, tout se tient. Soit, c’est violent, mais enfin rien n’atteindra plus les sommets Planet Terror, donc bon on s’en sort bien. Les personnages sont impeccables, Brad Pitt n’en finit pas de jouer la carte du second degré (mélange incertain de l’Achille de Troie et du marchand de savon de Fight Club… ça lui va mieux que le registre mélodramatique gnangnan Benjamin Button, et presque aussi bien que l’énervé de Sleepers) ; Diane Kruger joue à merveille l’actrice qui se laisse déborder par les double-jeux ; Mélanie Laurent est parfaite dans la détermination – au même titre que Christoph Waltz dans le rôle du colonel Landa. On retrouve ausi avec plaisir Francesca Mondino, la détestable Sophie de Kill Bill.
Il faut ajouter, pour le plaisir, qu’Eli Roth est toujours très joli, et qu’il n’en finit pas de ressembler au méchant de Heroes.


Si, je vous dis que si.
Donc voilà, allez le voir. (Voilà une bien belle conclusion !)
J*
11:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note












Commentaires
Cher Walter,
je reviendrai sur un point, et un point seulement: Tarantino n'a pas réalisé Une nuit en enfer.
C'est tout. ;)
Écrit par : Rowain | mardi, 29 septembre 2009
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