dimanche, 30 mai 2010
The Pet Shop Boy
J’étais parti pour parler d’un sujet rigolo-mais-pas-forcément : les amis imaginaires. J’ai revu Peter et Eliott le Dragon et j’ai aussitôt fait le lien avec Calvin & Hobbes. Ce sera pour une prochaine fois. Je voulais aussi écrire sur les soucis de traduction qu’on rencontre d’un écrit à l’autre, en passant par un jeu de mot sur Roberto Succo (le tueur en série à l’honneur dans une pièce de théâtre en ce moment) que j’aurais appelé « Robert Jus » – c’est la traduction littérale. Et j’ai abandonné.
Pourquoi ? J’ai appris que M. le sénateur Masson voulait rendre l’identité des blogueurs publique. (Dans la foulée, j’ai aussi découvert que Christine Bravo était d’accord, hourra, vive la démocratie, la France avance.) Quelle drôle d’idée ! Du coup, en guise de désaccord et une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de parler de mon boulot et d’écrire tout le mal que je pense d’une collègue. En tant qu’éditorialiste, je suis responsable de mes écrits et de leurs réactions : OH MON DIEU CARRIE MEURT A LA FIN DE SEX AND THE CITY 2 ! Un bon spoiler, voilà qui va faire mouiller des culottes. D’ailleurs à propos de l’actrice susnommée, quand un blog qui compilait des photos de juments hennissantes intitulé Sarah Jessica Parker Looks Like a Horse a vu le jour, on a tous bien rigolé, et on n’avait pas besoin d’un nom, pas plus que la principale intéressée manifestement, puisque le site existe toujours. Au demeurant, aucun haras n’a porté plainte.
Responsable, disais-je. Pour autant, je peux tenter la chose en masquant plaisamment la réalité : pourvu que le sujet soit traité, peu importe ici la forme.
Vous êtes prêt ? C’est un moment de révélation.
Je dois souligner, pour commencer, que j’essaie comme tout le monde d’éviter de fréquenter des gens avec lesquels je n’ai pas de raisons d’avoir de rapport. Je suis pour la diversité, bien sûr, mais pas quand elle confine à l’extrémisme ou la bêtise crasse : il y a un point au-delà duquel on ne peut plus communiquer avec les gens, tout simplement parce que même une idée simple exprimée par un vocabulaire élémentaire ne percute pas. Elle meurt dans un grand vide cérébral, dans un silence gêné, comme un pet dans un ascenseur qui laisse son réalisateur abasourdi, honteux et incapable de s’excuser.
J’ai donc une collègue de travail qui est comme ça. Quand je lui parle, parfois – pas toujours – j’ai le sentiment que je viens de dire un truc absurde. Cela me vaut un regard de biais que je sens incrédule, voire, courroucé. Le plus embêtant, c’est que c’est une supérieure, et c’est là que le bât blesse. Lorsqu’elle me dit quelque chose qui ne fait pas sens, je peux difficilement lui dire, même sur le ton de la plaisanterie (comme on le fait avec une collègue qui est aussi une bonne copine) : « Doux Jésus, ça fait longtemps que j’avais pas entendu un truc aussi con. » A la place, je dis : « Je ne suis pas certain d’avoir tout à fait compris. » Du coup en lui faisant reformuler, c’est moi qui passe pour l’imbécile qui ne comprend pas du premier coup. Bref.
Pour vous situer, déjà, je dois préciser que nous n’avons rien, mais alors rien en commun. Quand elle est revenue de ses vacances en Egypte, je lui ai demandé : « tu as été voir le musée d’antiquités du Caire ? », elle a répondu « Ah ouais nan mais nan », si bien que je n’ai jamais su si c’était le mot musée ou le mot antiquités qui l’avait gênée dans ma question.
Plus grave, un rare jour où nous discutions (très superficiellement) vie privée – pour la suite faisons comme si j’étais profondément marxiste et elle, plus royaliste que le roi, ou l’inverse, comme vous voulez – elle eut cette expression à la fois incroyablement réfléchie (pour elle) et irrespectueuse (pour moi) : « De toutes façons, je te tolère mais je t’accepte pas. » Le surlendemain, à l’arrivée de clients asiatiques, elle m’a dit à mi-voix : « les Chinois, vas-y tu t’en occupes, moi vraiment je peux pas. » Dans les deux cas, j’étais tellement interdit que je n’ai pas trouvé la force de répondre, ou même de me lever pour lui en coller une. Vous voyez, mon souci n’est pas tant qu’elle ait des opinions différentes des miennes ou qu’elle vive sur des stéréotypes racistes, intégristes ou homophobes (sisi, tout ça) : c’est qu’elle me les fasse partager et qu’en plus, elle n’ait pas assez de jugeote pour se rendre compte qu’en tant que responsable, elle ne devrait pas s’autoriser de tels épanchements.
Attention, je ne dis pas qu’elle a mauvais fond. En réalité elle est plutôt gentille, plutôt jolie, aussi, avec son faux air de Louise Bourgoin. Simplement, c’est une jolie et gentille idiote et, hier, je n’ai plus supporté ça. Recevoir des rappels de procédure (« pas de portable sur soi pendant les heures de travail ! ») de la part de quelqu’un qui arrive à 9h.28 pour embaucher à 9h.30 ou qui part de l’animalerie en laissant ouvertes les cages à souris et celles à chat, ça commence à m’être pénible. Ajoutez à cela qu’elle parle un Français limite correct et qu’elle n’a toujours pas fait d’ourlet à son pantalon d’uniforme – et elle n’a plus besoin d’en faire, puisqu’elle marcher dessus ; maintenant son pantalon est directement incorporé à ses chaussures – voilà qui expliquera qu’hier, forcément, ça a pété.
J’ai donc eu des mots avec elle, au point que notre chef à nous deux – puisqu’elle n’est qu’une sous-chef, c’est-à-dire qu’elle travaille comme une chef mais sans en avoir la paye – a dû nous voir ensemble pour qu’on s’explique.
J’ai donc expliqué que j’avais le sentiment d’être pris pour un demeuré, et que j’en avais assez d’être sous-considéré dans mon travail simplement parce que j’étais un niveau hiérarchique en-dessous. Pour toi, lecteur, je vais remployer la métaphore utilisée un peu plus haut qui m’évitera de trop en dire : disons que je suis employé dans une animalerie. Je suis formé pour vendre des hamsters, pour expliquer l’entretien d’un aquarium ou indiquer la nourriture idoine pour des perruches. Ma valeur ajoutée, c’est que je suis très bon en chiens. Mes parents ont élevé des chiens toute leur vie, d’ailleurs, ils m’ont pratiquement éduqué comme un drahthaar. Si bien que dans mon animalerie, je suis un peu le « référent canin ». Eh bien ma sous-chef, qui a la même formation, pense que son autorité fait référence au-delà de ma propre expérience : en toutes choses, son autorité surpasse la mienne parce qu’elle en est dépositaire. Tout simplement.
Ça n’a, évidemment, absolument rien changé. Je lui ai présenté mes excuses pour mon emportement, elle a répondu qu’elle ferait des efforts, et bien sûr, tout ira mieux.
*
Finissons sur un peu de légèreté et rendons grâce à Alex O’Loughlin, le monsieur ci-dessous.

C’est un acteur moyen, mais un beau gosse, qui a un mérite particulier : celui d’avoir réréréhabilité (puisque d’autres le fond de temps à autres) le poil à l’écran. Pas le poil vulgaire du campeur maccionesque qui s’imagine que, sur les épaules aussi, c’est sexy, non !, le poil sur le devant, légèrement tondu, posé sur le pectoral comme un zeste d’orange sur un dessert de grand pâtissier.
Evidemment il ne joue pas le rôle d’un physicien qui va révolutionner les états de la matière ou d’un économiste qui va résoudre la crise mondiale. C’est un gentil éleveur de chèvres qui vend ses fromages au marché et qui a arrêté ses études en cours de route. Qu’on se le dise : le paysan est brun, mal rasé et il a des poils. Et il est bio !
J*
11:41 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note












Commentaires
....euh , comment ca comme un drahthaar...Il faudra qu'on parle:-),bon,sinon chouette ambiance au boulot! attention d'autres se sont fait taper sur les doigts pour quelques commentaires de ce genre apparus sur la toile par le biais des blogs et..........même virés, et vouiiiiiii!
Écrit par : mum | dimanche, 30 mai 2010
Le danger avec un tel article, c'est que, quand Christine bravo va être ministre de la culture, tu seras viré de ton animalerie.
Tu es un petit yorkshire bien imprudent !
(oui, drahthaar, yorkshire, c'est presque pareil, ça va...)
Écrit par : Didier Garguilo | mardi, 01 juin 2010
Et bien pour ma part je trouve révoltant de faire circuler d'immondes rumeurs telle que la mort de Carrie Bradshaw!
Ou va't on???! Je vous le demande! Cela commence par des rumeurs sur notre couple présidentielle puis sur Madame Dati... Maintenant ça!!!! Je suis outré!
Écrit par : Maxime | dimanche, 20 juin 2010
Écrire un commentaire