jeudi, 05 août 2010
J'fais un genre humain
(Genre Humain est le titre d’une chanson (et d’un excellent album) de Brigitte Fontaine.)
Selon Hubert Reeves, incarnation cosmique du Père Noël qui distribue plutôt des aphorismes que des cadeaux au matin du 25 décembre, nous sommes tous une partie de l’univers. Ça se tient : sans le Big Bang, la terraformation et les grands bouleversements biologiques et physiques au cours des âges, nous ne serions pas là pour en parler – même s’il ne faut pas stigmatiser la chose, tel M. Garrison dans South Park qui résume ainsi l’Evolution de Darwin :
Blague à part, Hubert Reeves est donc dans le vrai. Du fin fond de l’univers, nous venons tous du même creuset, ce qui est plaisant quand on y met Bach et Merleau-Ponty, mais ce qui fait moins plaisir quand on y ajoute Milosevic ou Christine Angot. Depuis quelques jours, je m’interroge sur le genre humain. Pas pessimiste, pas désabusé, juste consterné. Si bien que j’ai l’air, au mieux, de m’en moquer, au pire, de m’en carrer.
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Prenons un premier exemple, hop, comme ça, au hasard, mon directeur de mémoire. Un matin de la semaine dernière il s’est levé d’humeur chafouine et il s’est dit : « Tiens, si je faisais chier quelqu’un aujourd’hui ? » Et hop, comme ça, au hasard, c’est tombé sur moi. Venant de la part de quelqu’un dont l’écriture est poussive, je devrais prendre ça pour de la vilaine jalousie, mais non, c’est probablement juste un trait de caractère.
*
Autre exemple : les enfants. Tout ceux qui ont lu La nuit des enfants-rois savent qu’il y a pire qu’un enfant. (Deux enfants ? non. Enfin si, mais pas là.) C’est un enfant surdoué et perturbé. D’ailleurs Bernard Lenteric avait tout compris en écrivant :
« Quant à son regard, c’est bel et bien un regard d’enfant. Pas plus angoissant qu’un autre. Mais pas moins. »

Les enfants me font le même effet qu’un film d’horreur ou qu’un documentaire sur les lépreux à la télé. Je veux pas voir je veux pas voir !, et pourtant, je reste devant, et je regarde à travers mes doigts en poussant des petits cris.
Pour les enfants perturbés, je vous renvoie au film The Children : quatre adultes, une adolescente et quatre enfants, coincés à Noël dans une maison de campagne recouverte de neige. Je ne vous raconte pas la fin, c’est affreux affreux.
Ce qui est très étrange, c’est que pendant mon année d’études à Rome, j’ai donné trois fois par semaine des cours de cuisine à des enfants. Pourtant dans un tel contexte, c’était simple, c’était même pour ainsi dire magique. Concrètement, les enfants voient les adultes comme des robots : à la fin de la journée, on met l’instituteur dans sa boîte et, le lendemain, on le ressort, on défroisse son petit costume et on le remet en route. Assurément, si Mme Padbol a un gros bleu sous l’œil, ce n’est pas qu’elle a pris la porte du placard de sa cuisine (le propos habituel pour excuser le gros con de mari qui lui a mis un gnon parce que la viande était trop cuite, ou pas assez) : c’est parce qu’elle est tombée de sa boîte dans la nuit. Si bien que quand un jeune adulte arrive pour leur apprendre à casser un œuf, le mélanger à de la farine et du sucre, tout à coup, ce n’est plus un pantin : c’est un mage, dont les pouvoirs produisent immédiatement des effets. Du coup, on peut même leur faire faire la vaisselle. C’est con, un gamin. C’est pas moi qui le dit, c’est Desproges.
D’ailleurs, puisque je parle de gniards, et de mon irrégulière habitude de me faire shooter avec eux et une glace…


…et puisque je parle de Rome, et ainsi que je le twittais récemment, une expérience romaine resurgit ! mais laissons finir août, j’en reparlerai. *love to tease*
Alors voyons voir, nous parlions de genre humain. Le genre humain comporte parmi ses membres Enrique Iglesias, qui est capable d’affirmer qu’il a « entendu que les testicules pendent chaque année un peu plus », et que, « vu l’état actuel des [s]iennes, il devra à soixante-dix ans les mettre dans ses chaussettes. » Epic lol. Rappelons tout de même que M. Iglesias fils cadet est, comment dire, un étalon (un « BG », comme dise les boutonneux) et qu’il n’en est pas à son coup d’essai : il avait déclaré vouloir une campagne de non-dénigrement des micro-pénis, laissant régulièrement sous-entendre qu’il était concerné.
Le genre humain comporte également parmi ses membres des gens comme, au hasard, un membre de la direction de mon entreprise, qui peut déclarer « y font chier ses juifs à rien acheter le samedi » (c’est-à-dire : « y font chier ses juifs à rien acheter le samedi alors que s’ ils payaient tout ce qu’ils mettent de côté pour le lundi, on ferait notre chiffre ») et considérer, dans la foulée, que ce propos n’est pas antisémite. (« Sémite, comme dans les placards ?... – Non, ça c’est les mites. » Ok, j’extrapole.)
C’est bien simple, j’ai l’impression d’être en bute avec la moitié de la population alors que l’autre moitié me semble vouloir ne m’être qu’agréable. Si bien qu’hier soir, à ladite-responsable-susmentionnée-précédemment-plus haut-supra, j’ai eu le plaisir de lui dire de très belles phrases (pour un sujet anodin, mais comme toujours, c’est à l’occasion de vétilles que tout ressort :)
« Tu connais la différence entre toi et moi, à part le fait que tu es responsable et moi, simple vendeur ? (« Non », répond l’autre, coite.) C’est que j’ai cinq ans de droit dans les pattes donc question droit du travail, n’espère pas me faire l’article parce que ça pourrait aller très loin. »
Ou encore :
« Respecter les règles ? Parlons de respect, ouais. J’ai pas l’impression que XXX soit très respectueuse avec moi lorsqu’elle tient des propos homophobes, racistes et antisémites alors que je suis gay, d’origine étrangère et juif. »
(Tout n’est pas vrai dans ma réponse, mais voir sa tête a temporairement suffi à mon bonheur. Au demeurant si elle avait répondu un truc qui commenc e par : « ah mais si on avait su pour toi, on aurait jamais dit ceci, fait cela… » et j’aurai répondu : « ce qui est encore plus hypocrite ». Mais elle n’as pas eu ce toupet.)
Enfin bref, jusqu’à mes vacances (encore trois semaines de boulot), j’envisage de bouder.
J*
P.-Sc. : les mois d'avril et mai n'ayant pas été précisément trépidants, il n'y a qu'un album (pour mai) qui comporte beaucoup de gens, de chat et peu de monuments. Equilibre rétabli avec les précédents albums.
07:19 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note











Commentaires
Le genre humain?
J'en frémis de dégoût.
Quel plaisir que de vous relire, mon vieil ami. Mon court passage vous a sans doute échappé depuis le temps, mais pourquoi ne pas partir sur de toutes nouvelles bases?
Enfin, bref.
Je suis ravi de lire un blog aussi passioning que le tiens.
A bientôt, donc.
Écrit par : Déjection Canine from Outer Space | dimanche, 15 août 2010
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