mardi, 30 novembre 2010
La fureur des cuivres (ou l'art du leitmotiv)
Un peu comme la fureur de vivre, mais pas pareil.
Je voulais vous parler de musique de films. Je vais le faire, mais, comme d’habitude, je ne peux pas faire autrement qu’en disant du mal de quelqu’un. C’est Alexandre Desplat. Alexandre Desplat compose des musiques de film depuis fort longtemps maintenant. Je ne sais pas s’il fait autre chose, mais peut-être qu’il devrait essayer la poterie ou la peinture sur soie. Il y trouverait sûrement un nouveau moyen d’expression. Jusqu’à présent, je n’ai trouvée réussie que sa musique pour Fantastic Mr. Fox.
Allons, allons, je sais que c’est dur de passer derrière John Williams et Nicholas Hooper, mais quand même, les leitmotivs ? Mhm ? Je reprends. « Leitmotiv, mot allemand : thème, motif conducteur. L’emploi du leitmotiv, attaché à un personnage, à une situation dramatique déterminée, pratiqué dès la fin du XVIIIème siècle plus ou moins épisodiquement dans les opéras (Mozart) ou la symphonie (Berlioz), a été systématisé par Wagner dans ses opéras. »
(Anecdote présentement sans intérêt : mon Lexique de la musique date de 1968.)
Il y a dans Harry Potter trois thèmes principaux et quelques autres secondaires. Le principal est celui d’Hedwig, la chouette. C’est le leitmotiv dont on se souvient avant tous les autres et qu’on associe au personnage d’Harry, à tort. Les leitmotivs principaux d’Harry Potter ont été créés par John Williams, loué soit-il, que Patrick Doyle a développés dans certains aspects (les thèmes de Hogwarts et Voldemort). Les compositions cependant sont bien différentes. Chaque compositeur à mis sa patte. Hooper, par exemple, a trouvé un fameux thème musical au professeur Umbridge (vous savez, la petite grosse tout en rose), trouble comme le personnage, à la fois sirupeux/doucereux et pimpant/inquiétant. Comme de l’huile de foie de morue, en quelque sorte.
Alors donc, le thème d’Hedwig, qu’un enfant de sept ans – avec un peu d’entraînement – pourrait reproduire avec un seul pied, est quasiment absent de la musique imaginée par M. Desplat pour l’avant-dernier film du sorcier niais. Oh, on va trouver le jeu de mots facile mais : Desplat, c’est plat. Plat plat plat. J’ai déjà vu des crêpes plus épaisses. La musique oscille entre celle d’un film qui fait peur et une romance sucrée limite niaise ; voilà ! Si bien que j’en viens à considérer la musique responsable de la réalisation. Avouez, Yates est mou du cul. Sans rire, Les reliques de la mort est aussi vibrant que Benjamin Button. Attendez voir, c’était pas Desplat qui faisait la musique de ce film ?... Je commence à comprendre.
Je voulais parler de cuivres. Pas de casseroles de qualité, non non. Les instruments qui font beaucoup de bruits dans les orchestres. Transition : Patrick Doyle, qui avait repris les rênes de la musique d’Harry Potter au moment du Goblet of Fire (musique très présente dans le film mais une bonne partie manque sur le cd qui en fut tiré), a joué grâce aux cuivres la carte du pouêtpouêt sportif tendance belliqueux.
Les cuivres effraient. Brusquent. Ils annoncent un fracas guerrier, ou des funérailles grandioses, ou un match de rugby dont l’issue est incertaine à quatre minutes de la fin. C’est long, quatre minutes, quand on a les crampons d’un camarade de jeu sur le visage. C’est long, quatre minutes de tir de mitraillettes. A propos vous avez vu Red ? Ce film vaut principalement pour Helen Mirren. Bref.
Au même titre que John Williams, Hans Zimmer a composé de nombreuses musiques de films. Je ne les citerai pas, à l’exception de la BO du film Inception. Ecoutez la première piste, Half Remembered Dream. Vous les entendez arriver, les cuivres ? Une marche de géants. La fin du monde. Eh bien un leitmotiv, ce n’est pas plus compliqué que quelques gros pouêtpouêt qui se suivent. Attention, je ne dis pas que les compositeurs font toujours du bon boulot avec juste un leitmotiv ; rappelez-vous comme Danny Elfman a été décevant avec la musique d’Alice. Je souligne simplement que quand on passe derrière John Williams, on essaie de bosser son sujet, pas de s’éclipser. C’est comme si John Williams avait donné les deux portées comportant le thème de Dark Vador à Alexandre Desplat en lui disant : « Tiens, tu en fais ce que tu veux » et que l’autre avait écrit sa liste de courses dessus parce que demain il doit passer à Monoprix après la banque.
Non mais sans rire.
La musique d’Inception, donc, est plutôt formidable. Comme je parlais de leitmotiv, je m’arrêterai un moment sur… Sur… Philip Glass ? Aha ! non, pas cette fois. (Il y a de quoi faire en la matière, pourtant.) Sur Marco Beltrami. Marco Beltrami a beaucoup composé et à ce titre, il a pondu bon nombre de navets, plus même que Desplat, qui rattrape peu à peu l’écart, quand même. Il faut citer deux excellentes BO de Beltrami : I, Robot et Prédictions. Bien qu’Alex Proyas soit le réalisateur des deux films, la qualité est clairement inégale. Prédictions, par exemple, est un film très moyen. Les BO des deux films sont en revanche très bonnes, et viennent notamment de ce que Beltrami réussit à mettre les leitmotivs respectivs, respectifs, pardon, à toutes les sauces. On l’entend tout le temps sans s’en apercevoir, et il est infiniment filé, comme une longue métaphore musicale. Et, lui aussi, emploie des cuivres qui font peur.
Voilà. Je vais arrêter là parce que je trouve que j’en ai beaucoup dit, déjà, et que pensais pas tenir aussi longtemps sur le sujet des cuivres en musique.
J*
13:39 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 15 novembre 2010
Vu
L’exposition Le trésor des Médicis au Musée Maillol.
Potiche d’Ozon.
Nicolas Dupont Aignan chez Fleux.
Cher dans Elle.
Ma vie est trépidante.
J*
20:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










