vendredi, 17 décembre 2010

Des souris et des Dieux

Ils manquent les hommes à ce titre : Des souris et des hommes suivi de Des hommes de et des dieux. Homme : unité de mesure entre la créature néfaste (et potentiellement héroïne de cartoons) et l’image catalysée du monothéisme. (Oh mon Dieu ! – pardon – je sens que je vais écrire dans tous les sens.)

Qui suis-je ? Le chaînon entre des souris et Dieu ? Non, pas trop. Ou alors si. Allez, tenez, disons que Dieu existe. Siège curule, putti  joufflus, parthénon céleste : la totale, avec un compas et une équerre dans une main et un glaive dans l’autre. Non loin de cette scène, Bach nous joue un plong-plong qui résonne au loin, un peu comme le trompette du champ de bataille qui sonne la retraite ou la dame à l’accueil à Auchan qui parle trop près du micro, dont paradoxalement le son n’est pas assez fort mais qui laisse quand même crépiter : « un vendeur du bricolage est demandé dans son rayon ». Effectivement on dirait qu’elle demande un vendeur qui vend du « bricolage », mais non, en fait, c’est pour pas répéter deux fois le mot rayon.

 

Bon alors Jacob nous tend une échelle et on monte au Paradis sur le deuxième mouvement de la symphonie n°2 de Casella, ce qui ne nous aide pas à savoir si c’est sérieux ou burlesque.


 


Tout ça pour dire : depuis le début du mois, j’ai vu deux fois Dieu. Ou du moins, je L’ai vu sous deux formes différentes. Ayant créé l’homme à Son image, on comprend qu’Il puisse balayer un spectre suffisamment large pour y inclure Paul Bocuse et Lady Gaga. (Théologiquement, la femme étant une extension de l’homme – un peu comme un disque dur, mais pas pareil – un créationniste peut admettre l’idée que Lady Gaga soit née d’une côte de Paul Bocuse). Résumons : quand j’ai vu Bocuse, je me suis dit : « C’est drôlement bien fait, on ne dirait pas que c’est un animatronic et qu’en régie, y’a deux mecs qui l’animent. » En réalité Bocuse est mort dans le tremblement de terre qui a touché Kōbe en 1995 mais depuis lors, pour faire tourner la boutique (le restaurant de Collonges, l’Institut et les brasseries), ses trois épouses (l’officielle et les pièces rapportées) se sont mis d’accord pour le remplacer par un automate. Ce qui explique qu'il répète continument : « vous voulez prendre une photo ? » et que son tablier soit immaculé. En 1995 ont fonctionnait avec des disquettes, l’automate n’a pas été upgradé et il tourne avec juste une phrase. Alors quant à faire la cuisine…


 


Allez, je plaisante. On a bien mangé et bien rigolé, c’est tout ce qui compte.


 


D’automate à automatisme il n’y a qu’un pas, ou plutôt, qu’un –isme. Lady Gaga aura bien démontré qu’où elle soit, elle était en mode automatique. Remplacez Paris par Romorantin ou Lyon, elle dira de la même façon “I love you Lyon”. Ajoutez quelques bonnes vannes (“I hate truth… And money. Je préfère bullshits”), et donnez-lui un soutif qui crépite comme des feux de Bengale sur un gâteau d’anniversaire et, grosso modo, vous avez l’idée.


A quoi reconnaît-on que Lady Gaga est Américaine ? A sa façon de prôner l’amour et la paix, évidemment. Qu’est-ce qui nous fait dire qu’elle a été élevée dans la bonne humeur chrétienne, probablement catholique, même ? Parce que « Dieu nous aime, tous autant que nous sommes », assurément. Pourquoi dis-je que la demoiselle a des valeurs patriotiques bien assurées ? Grâce à une anecdote toute simple.


Alors qu’elle fait la courge avec le drapeau français – ou néerlandais, on n’est pas sûr – depuis dix bonnes minutes, voilà qu’elle se met au piano (ou du moins, debout sur le banc et penchée vers le clavier) pour un inédit de son prochain album. Et là, le drapeau – dont elle avait fièrement drapé son popotin – glisse pendant l’exercice. Elle se contorsionne, bat des mains et finalement s’interrompt – très brièvement – pour le ramasser alors qu’il vient de tomber au sol.


Voilà. Il aura fallu que je voie une chanteuse aux cheveux jaune pipi et à peine habillée pour comprendre que lorsqu’une poignée d’Iraniens brûle le Star and stripes un Américain sur deux ait les boules.


 


Et à part ça ?


Le mot patriote me faisant invariablement penser à papillote (spéciale dédicace pour G.B.), donc des pâtes de fruits de mauvaise qualité dans des papiers qui brillent, esprit de Noël, tout ça, j’ai décidé de faire un cadeau à mes lecteurs. 100€ chacun. Ahah ! Mais non voyons.


Je voulais partager avec vous le souvenir que m’a provoqué la vision d’un extrait de Sister Act. Ou du moins, je vais vous montrer l’extrait ; My God, d’après le My Guy de Mary Wells. Dans le lot, il y a une nonne qui ressemble à Jacques François et une autre à Raymond Barre.



 

FranciosJacques.jpgCapture d’écran 2010-12-17 à 16.52.30.png

 

 

 

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Y’en a aussi une qui ressemble à une fille qui était dans ma classe jusqu’au CM2, Alexia, et une autre encore qui ressemble à ma tante Raymonde mais bon, j’ai pas fait de montage.


Ainsi donc, les vieux messieurs finissent par ressembler à des vieilles dames (surtout s’ils sont tous liftés), comme l’a écrit Dantzig.


Je vous mets un autre extrait, fameux pour les sous-titres.


 


La transition avec Glee est aisée puisque toute cette série repose sur le même ressort : ce que peut chanter une chorale et comment elle se retrouve, deux fois l’an, en compétition avec d’autres. La fin du second volet de Sister Act tient en un contest du genre. En 1993. Ça nous rajeunit pas. Enfin, surtout Whoopi Goldberg et Lauryn Hill, moi, j’étais à peine né. Mais bref. J’aurais une prochaine fois l’occasion de revenir sur Glee et notamment sa pauvreté scénaristique – Sue Sylvester est effectivement un personnage formidable mais de la même façon que le fut Patsy Stone dans Ab Fab. C’est quasiment le même profil. Puisqu’on est dans les vidéos, autant poursuivre, donc.


 


Voici un extrait fort connu de la saison 1 ou une chorale de sourds reprend Imagine (c’est bien de circonstance en ce moment, en plus). On oscille entre drôlerie et émotion ; c’est-à-dire qu’on a la larme à l’œil quand on regarde ça tout seul mais, si on se trouve en groupe, le second degré en alerte, on rigole un bon coup.


 


Dans cet hommage à Gaga, on est au bord de la parodie.


 


Et enfin, voici une guest star qui assure sa crédibilité de future chanteuse – autrement mieux que Scarlett Johansson… Ce que j’en dis.


 


 


Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne bûche.


 


J*

Commentaires

Oh oui et toujours : http://www.youtube.com/watch?v=IZJ43yOLgH8

Écrit par : C'est moi | vendredi, 17 décembre 2010

Comment ça elle chante mal Scarlett ?!
Très bon article, j'ai bien ri !

Écrit par : Raumin | vendredi, 17 décembre 2010

....Ah, ma journée commence vraiment bien , je viens d'apprendre d'un coup que j'avais vu Dieu il n'y a pas si longtemps et je m'en réjouis, d'un coup je me sens mieux...moi aussi j'ai bien ri!

Écrit par : mum | mercredi, 22 décembre 2010

J'ai regardé l'extrait Imagine, et....j'étais seule, et....je confirme j'ai eu la larme à l'oeil !

Écrit par : mum | mercredi, 22 décembre 2010

Peut-être que si Lady Gaga était morte dans le tremblement de terre de Kobé, on aurait eu Paul Bocuse avec un soutif "feu de Bengale" et des tempes grisonnantes teintes jaune pipi !!

BORNTHISWAY POWAAAAAAA !!!! :D

Écrit par : Jtf | jeudi, 06 janvier 2011

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