jeudi, 17 mars 2011
Le chant de Belinda
Belinda, je sens venir la mort ; et le froid
Je le sens, embaume peu à peu mon trépas.
Il est parti. Et tandis que le jour naissait
Toujours là, allongée, j’ai recompté mes plaies ;
Une à une les plaies du cœur, les déchirures
Et chaque instant mouillé de pleurs, et de fêlures.
Le soleil, en étirant ses rayons, chauffait
Mon corps endolori, meurtri et imparfait.
Au midi dépassé, j’avais cru me mouvoir,
J’ai longuement peiné – j’ai vu venir le soir.
Belinda j’ai faim, soif ; oui, je me fais mourir.
Mes pensées divaguant, mêlées de souvenirs,
Au plus profond de moi, me ravagent les chairs,
Rendant sombre ce qui jusque-là était clair ;
La blessure immobile envahissant mon âme :
Les sentiments diffus, parmi ceux que l’on clame,
Qui font que l’on déteste et que parfois l’on aime
La tempête amassée des vents qu’un jour l’on sème.
Vois, la Lune a blanchi. Et j’attendais alors,
Porté vers son pays, qu’on m’apporte son corps.
Au moment de passer sur un autre rivage,
Exsangue et harassé, dans un autre sillage,
Qu’il voie s’ouvrir le ciel, le soleil exploser :
Et dans le noir lointain d’un nuage irisé
Qu’il ne voie plus que moi, les peines qui m’affligent
Qu’il imagine au loin mon tombeau qui s’érige.
Non, Belinda, je n’en peux plus, et j’ai menti :
Je ne le veux pas mort, tout au plus étourdi
Je veux, quand vient le soir, que sa conscience veille
Que dans son désespoir il hurle et se réveille :
« Est-ce toi, le cœur sanguinolent, l’âme noire,
Que j’entrevois déchirer le présent ? Que croire ?
Je t’ai assassinée, j’ai souillé ton image,
J’ai maudis ton prénom, craché sur ton visage !
Reviens-tu me chercher, m’emporter dans le feu ?
Me désarticuler et m’arracher les yeux ?
Cent fois j’ai crains, j’ai vu, pressenti cet instant
Au lendemain déçu de mon premier serment. »
Tu fais bien d’avoir peur, ô merveilleux Enée
Tu n’as que trop bien vu dans quoi tu m’as traînée.
C’est bien de mes mains nues que j’ai bâti Carthage
Mais c’est par ton épée que j’en lave l’outrage ;
Je suis née Elissa, mais tu trahis Didon
Tu aurais pu m’aimer, tu choisis l’abandon.
Il n’est de libation où coulera mon sang,
Car je meurs dans ma couche aux couleurs de safran.
Belinda, que l’on m’apporte l’épée fatale
Qu’il a ici laissée, la faisant mon égale ;
Qu’en traversant mon cœur enfin se réunissent
Mon sort et son destin – Que dans l’histoire ils bruissent.
J* - 2007
09:46 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 17 février 2011
Metamorphosis

Black Swan est un film dont l’intérêt sous-jacent est le discours, un discours fondé sur des figures de style, elles-mêmes établies d’après une analyse psychanalytique du personnage interprété par Natalie Portman. Les références se croisent, se brouillent, finalement s’amalgament, et c’est tout le contraire d’un brouillon : c’est un système fini.
Nina se transforme en coulisses et sur scène. Nina est une danseuse, c’est donc déjà une petite fille qui, en grandissant en tutu, a fait modifier son corps à la barre. Les danseuses sont des bonzaïs : on n’y fait grandir que ce qui est nécessaire, et on conserve, à l’échelle, des aspects secondaires pour la danse. Nina a dix-neuf ans mais son corps, guère plus de douze, à l’exception de ses pieds de vieille dame qui semblent avoir traversé nus et en pointes la Yakoutie gelée.
10:31 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 19 janvier 2011
Méchamment doublées
Ursula est une grosse vilaine, mais elle est infiniment plus vilaine, selon moi, lorsqu’elle est doublée en Français (version 1989, Micheline Dax). Voyez les deux versions :
A Brodway, Sherie Rene Scott retrouve cette ironie de la version française :
Les frères Jonas font peur également, mais pas pareil.
Quant à Maléfique, qui est très bien doublée aussi, elle fait plutôt peur en… Euh… Dans toutes les langues en fait.
J*
08:44 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 10 janvier 2011
Le physique de l'emploi
Quand je vous disais qu’il y avait comme un air entre Maddoff et le vendeur de matelas de la dernière pub Groupama !

J*
17:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










