lundi, 22 mars 2010

Le coeur brisé

Si on a une tendance mélodramatique à celle, désagréable, de se prendre régulièrement un gros râteau par l’être aimé, on lui dit : « Ach, mon amour, tu me brises le cœur. » (Le ach renvoyant au romantisme allemand, le meilleur.) J’avais lu dans Science & Vie que l’expression « avoir le cœur brisé » pour cause de chagrin d’amour avait matériellement une vraie raison d’être, puisqu’en effet, en cas de grande peine sentimentale, l’organe cardiaque subit un « craquage ». Je ne saurais pas vous redire les termes exacts mais, en gros, y’a un truc qui pète ; assez gros pour être littéralement douloureux, mais pas assez pour qu’on se tienne le bras en se tordant de douleur par terre comme si on faisait une crise cardiaque dans un épisode de Melrose Place.

Contrairement à ce que le film laisse croire, l’histoire de A Single Man – film de Tom Ford adapté du roman éponyme de Christopher Isherwood – ne relate pas du tout le dernier jour d’un homme décidé à se suicider. Ça, c’est l’histoire du film, puisque le livre parle lui d’un homme qui, effectivement, voit la mort comme son futur. En revanche les deux œuvres, en tous points remarquables (mais pas pour les mêmes raisons, c’est le propos de cet article), évoquent toutes deux un homme qui s’apprête à mourir d’une peine de cœur – une peine physique et morale, qui donc, est en quelque sorte la même. Que Tom Ford ait « adapté pour l’écran » le roman de Christopher Isherwood, on peut pleinement le concevoir, on en a l’habitude : on a vu l’Amant et Jurassic Park. Ce qui est plus gênant aux entournures, c’est qu’il ait changé l’esprit du livre, en déplaçant, de quelques millimètres, le fond du sujet ; et vu l’extraordinaire travail de précision accompli, ces quelques millimètres font une certaine différence.

Je ne vais pas m’attacher à disséquer le film pour remarquer à quels égards il diverge du livre, simplement, deux trois petites choses, comme ça, paf.


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vendredi, 12 mars 2010

Hors forfait

(Oui, je sais bien qu’à l’ère de l’illimité, mon titre semble désuet.) Bon, je n’ai pas encore écrit ma chronique sur A single man, donc en attendant, je vais commenter quelque chose de plus court.

Après un certain battage médiatique – « certain » renvoyant au vaste monde internet, qui sépare plus qu’il réunit les adeptes d’autres écrans – le clip de Telephone est depuis aujourd’hui visible, après un countdown que Lady Gaga se faisait le luxe d’égrener lors de récentes apparitions (cf. Friday Night with Jonathan Ross, la semaine dernière). « Enfin », diront certains. « Je m’en brosse le nombril au pinceau de l’indifférence », noteraient d’autres (citant Achille Talon). « Quelqu’un reprendra du gigot ? », demanderont, enfin, ceux qui dînaient au moment de cette annonce.

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samedi, 06 mars 2010

Entre-deux

Que le lecteur, saisi d’effroi detox ou de gourmandise auvergnate, se réjouisse (ou pas, du coup) : non, je ne vais pas parler du fromage qui pique un peu sur le bout de la langue (mais c’est ça qui est bon, aussi) et file des aphtes (mois drôle, déjà, mais toujours plus qu’une blenno, notez) et dont les vieilles croûtes, selon mon père, sont envoyées en Italie d’où elles nous reviennent pulvérisées et empaquetées sous l’appellation « Parmesan râpé ». Sans rire, si vous voulez des copeaux de parmesan dans vos nouilles au beurre du dimanche soir y’a-plus-rien-dans-les-placards-ah-bah-on-va-faire-des-pâtes (vous aussi, rendez fou un Italien en rétrogradant ainsi les fondements de sa culture et de son quotidien alimentaire), achetez-en un kilo que vous débiterez avec lenteur et délectation à l’épluche-légumes. (Non, n’essayez pas la râpe, sinon ce sont des petits bouts de vos doigts qui vont agrémenter vos linguine ou autres fusilli.)

Mais bref, je ne voulais absolument pas parler de nourriture, alors revenons à mon titre : l’entre-deux. Aucun rapport donc avec la gloire lactée du Cantal, mais à la traduction littérale du terme inbetween, qui désigne le séjour des âmes dont on ne sait pas encore si elles sont admises au Paradis ou expédiées en Enfer. Quelque chose de judéo-chrétien, donc, et saupoudré de premier degré américain (incluez ici tout les adjectifs qui vous plairont pour qualifier ledit degré) nous donne une dommageable confusion destinée aux adolescent(e)s sur le chemin de la puberté (Percy Jackson, voleur de foudre, par Chris Colombus) et une interrogation angoissée quoique méthodique sur la prédestination, l’injuste et ce qui reste quand un proche vient à disparaître (The Lovely Bones, par Peter Jackson).

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lundi, 01 mars 2010

Intermède qui fait plongplong

En attendant de finir de rédiger un très long article (qui ne saurait plus trop tarder maintenant) et de mettre en ligne l’album de février (photos éthérées de petites fleurs), je vous fais part de cette vidéo que j’ai découverte il y a peu.

 

 

Alors oui, c’est bien la même jeune fille que celle-ci :

 

 

 

Comme quoi, vous l'avez deviné : c'est une fausse blonde.

J*