mardi, 04 novembre 2008
Another day, another dollar
Salut à toi, lecteur, qui vient rafraîchir ton esprit desséché à la source de mon intarissable faconde.
Alors bon, j’avoue, c’est un peu tard pour vous donner de mes nouvelles.
J’ai soutenu mon merveilleux mémoire intitulé « L’expression de la nature morte chez Caravage ». Je me suis fait aimablement démolir par mon jury, dont un membre à déclaré quelque chose comme « certaines pages sont passionnantes, mais, tout à coup, vous partez dans des explications qu’on peine à suivre et on se dit : "bon, laissons-le délirer, on finira bien par reprendre le fil. " »
Un autre de me demander : « …et pourquoi vous appuyer sur le Merleau-Ponty des dernières années que sur celui de la Phénoménologie de la Perception ? »
J’veux dire, il sait qui je suis, lui ? D’où il me casse les bonbons sur un auteur que je pratique, pour ainsi dire, depuis que je suis pubère ?... La question suivante, c’est quoi ?, « êtes-vous sûr d’avoir écouté les œuvres majeures de Philip Glass ? » ; « pourriez-vous vraiment chanter, en entier et dans deux langues, C’est la fête / Be our guest tiré de La Belle et la Bête de Disney ? » ; « Et votre prénom, vous êtes certain que c’est le bon ?... »
Restons sérieux. C’est pas une équation de Schrödinger, c’est L’Œil et l’Esprit, quoi. Il espérait vraiment me coller en me demandant d’expliquer mon « choix éditorial » ?...
Bon.
14, une mention bien, mais une heure et demie de soutenance, quand même.
Alors me voilà engagé pour un M2. C’était l’idée. Avec un nouveau sujet de mémoire à circonscrire d’après quelques idées que j’ai déjà, à faire valider par mon futur directeur de mémoire, qui n’est autre que l’ancien, c’est-à-dire le même, et qui m’a déclaré : « Si vous voulez que je vous dirige (Ksh ! ksh ! – bruit de fouet), il faudra revoir votre méthode de travail.
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Autre nouvelle de poids : j’ai trouvé un job. Peut-être pas le job étudiant de mes rêves (je sens comme une contradiction dans cette expression, un peu comme dans « la charcuterie rêvée d’un végétarien » ou « la démocratie idoine d’un nord-coréen »), mais enfin, ça me beurrera l’épinard. Mais quoi, vous demandez-vous ? Ah ! Je ne peux pas trop en dire. Si je veux vous régaler prochainement d’anecdotes absolument délicieuses, il me faut garder un minimum de discrétion. Je suis vendeur dans un magasin d’objets de décoration et de linge de maison, voilà comment nous le dirons.
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Connaissez-vous cet homme ?

Vous allez prochainement le vouloir dans votre lit. (Ou votre cuisine, ou les deux.)
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Enfin, un peu de piapiapia sur Philip Glass, au sujet d’un nouvelle interprétation de célèbres compositions / transcriptions pour piano.
Philip Glass, The Piano Music par John Lenehan.
Je suis de ceux qui apprécient de connaître plusieurs versions d’une même composition pour en préférer une. Mais voilà. Lenehan nous livre une compilation pianistique éminemment dispensable, quand on le compare à de précédents enregistrements. Pour le détail :
1. Glasswork, Opening. Outre la version originale que l’on trouve sur l’enregistrement Glassworks (1982), Alessandra Celletti (Metamorphosis, 2005) en fait une reprise très appréciable du point de vue de la qualité d’enregistrement… Et de l’interprétation. C’est doux, c’est plaisant, ça donne envie de faire des bisous à l’Italienne. Lenehan : au tas. Interprétation étouffée (ce qui vaut pour tout le reste de l’album), molle du cul.
Trilogy Sonata. 2. Einstein on the beach : knee play n°4 ; 3. Satyagraha : conclusion act 3 ; 4. Akhnaten : scene 3, dance.
Déjà, c’était une drôle d’idée d’adapter des ptits bouts d’opéra pour en faire une sonate (1998, par Riesman et Muhly). Mais soit, car le résultat est réussi, surtout dans l’interprétation de Paul Barnes (The Orphée Suite for Piano, 2003). (Steffen Schleiermacher a pour sa part raté son coup en 2006 dans son album Dances and Sonata, du moins, pour la partie Sonata.) Mais voilà, En écoutant Lenehan, on se demande comment il a déchiffré la partition. Je propose : avec un œil fermé et en écoutant autre chose. Il joue piano quand on lui demande forte, staccato quand on lui demande legato, etc, etc.
The Hours, 4-14.
Alors là, c’est le pompon. Plus inutile qu’une anthologie de Clayderman. C’est mal joué, voilà ! Je ne vois pas quoi dire de plus. Michael Riesman, qui est l’auteur de la transcription pour piano, avait réalisé un enregistrement parfait de l’intégralité de la transcription (Music from the Hours, 2004), et Alessandra Celletti avait magnifiquement repris Dead Things et The Poet Acts.
Bref, si vous le voyez en magasin, au demeurant à un prix scandaleux, ne l’achetez pas. A la rigueur, en occasion sur internet, pour vous faire une idée.
Prochainement je ferai un commentaire beaucoup plus aimable sur les Songs and Poems pour violoncelle interprétés par Wendy Sutton.
J*
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lundi, 06 octobre 2008
conférence
Je donne jeudi prochain une conférence sobrement intitulée Promenade à Rome.
A Moulins sur Allier (03), au Colisée (non, c'est pas une blague), Cours Anatole France, 15h.
Ce sera chouette, faut viendre.
J*
00:22 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mercredi, 01 octobre 2008
Le choix d'Hercule
J’emprunte ce titre à Haendel pour annoncer la couleur : je vais parler de choix. Je vais tenter, du moins.
J’ai vu hier soir La vie devant ses yeux (The life before her eyes) de Vadim Perelman, adaptation du roman de Laura Kasischke avec notamment Uma Thurman. Le film traite d’une tuerie dans un lycée survenue il y a quinze ans (« le pitch est d’actualité en plus, lulz », a constaté J~) et de ses implications dans le réel : le drame ressurgit dans la vie de l’héroïne sous forme de flashes.
Difficile d’en dire plus sans révéler le nœud de l’intrigue, nœud d’autant plus gordien qu’il porte tout à la fois sur les faits, la perception qu’on en a (nous spectateurs) et l’imagination des personnages du film – ou plus exactement, leur aptitude à restituer un souvenir, à le revivre, et partiellement, à le recréer. Au final je crois qu’il n’est pas très grave qu’on ne comprenne pas la fin du film – car oui, en discutant avec deux personnes en sortant du cinéma, il apparut que nous étudions tous trois dubitatifs, avec cependant chacun nos idées sur l’interprétation à envisager. Pourquoi nous n’avons pas d’indice sur la raison de la tuerie, sur ce qui passe dans la tête du tueur ? Aucune importance, nous avons vu Elephant et Bowling for Columbine ; et même si ces films recèlent chacun leur lot de stéréotypes et d’inexactitudes, ils nous permettent d’au moins entrevoir un malaise, une terreur, qui poussent certains êtres à se débarrasser de ce malaise en se débarrassant de ceux qui l’ont généré. (Bien sûr, que je grossis le trait. Je n’élève pas ça en théorie, je propose, c’est tout.)
C’est le premier choix : mourir ou tuer – mourir ou faire mourir ? Souvent (encore une fois, je synthétise) les auteurs de school rampages (pour employer la terminologie américaine) d’abord tuent, puis retournent leur arme contre eux. C’est notamment ce qui s’est passé en Finlande il y a quelques temps. Comme si l’acte de donner la mort devait être absous, « résolu », en périssant par la même voie, comme si à la mort qu’on donne ne devait jamais que succéder la mort qu’on prend, pour s’épargner la justice des autres hommes – celle des vivants – qui sont, pour l’une inopérante, pour les autres incapables de comprendre à moins de forcer, surinterpréter les mouvements d’une conscience.
Il est d’ailleurs beaucoup question de conscience dans ce film. Du moins son nom est souvent invoqué ma sa définition ne surgit jamais, et le réalisateur tâche d’en circonscrire les effets par quelques exemples, exemples pour le moins cruciaux : choisir de mourir, encore une fois, ou de laisser mourir, ou plutôt laisser tuer. Car le tueur demande aux deux filles, qui hurlent « ne nous tue pas ! », « je ne vais en tuer qu’une, mais laquelle ? » ; au moment qui suit l’une déclare « si tu ne devais en tuer qu’une, que ce soit moi ». Premier choix. Le second choix, qui échoit (hihi) à son amie, c’est donc : dois-je laisser mourir ou dois-je me proposer à sa place ? Car voilà la question : qu’est-ce qui fait qu’à un moment, une conscience décide que c’est pour elle le moment de mourir, de tout abandonner ?... Je me rappelle un jour de MP qui s’était extasiée devant une émission de divertissement : « Bilitis, Bilitis !Quand on a écouté ça, on peut mourir. » (Ce que Bilitis vient faire là-dedans, j’en sais fichtre rien, mais ce furent ses mots. Elle se fit sévèrement remonter les bretelles par mon oncle qui se trouvait là, pas tant à cause de la phrase mais plutôt sur le choix de « ce qu’il faut écouter avant de mourir » – ce devait être un braillard quelconque qui s’époumonait sur des vocalises sirupeuses.) Des livres sortent, maintenant, et ont pour titre Les mille films qu’il faut voir avant de mourir, 500 œuvres d’art à connaître, ce genre d’intitulés. (Je connais des cinéphiles et des étudiants en histoire de l’art qui peuvent déjà se trancher les veines dans une baignoire.)
Bref.
Je repose la question : à quel moment peut-on considérer qu’on est libre de mourir (suicide), ou qu’on est disponible pour mourir (proposition de meurtre, comme dans le film) ?
Pour ma part, envisager le suicide reviendrait à constater que je ne suis plus capable d’apprendre, ou que j’en ai assez appris ; ou encore, que j’ai définitivement perdu face au temps et que je ne supporte plus ses excès ; ou pire, que j’ai cédé face à moi-même. Assurément, je préfèrerais mourir avant de voir mourir ceux que j’aime ; le deuil est à proprement parler un poids. Est-ce le raisonnement de la fille dans le film ? « Je décide de mourir maintenant, tant que j’en ai le choix, parce que je ne supporterai pas de voir mourir mon amie – et surtout, d’avoir sur la conscience sa mort, au moment où j’ai eu le choix ? »
On pose parfois la question : que voudriez-vous avant de mourir ? Les réponses varient somme toute assez peu. Réfléchissez deux minutes, et vous verrez que votre réponse portera soit sur le sexe, soit sur la nourriture : « me taper un cassoulet / une forêt noire énorme », « coucher une dernière fois avec cet(te) ex au corps magnifique / que j’ai tant aimé(e) ». Il y a aussi « nager avec des dauphins », « voir Madonna / Philip Glass / Brigitte Fontaine en concert », « passer une journée avec absolument tous les membres de ma famille », etc. Complétez la liste. Aucun d’entre nous ne répondrait : « enfin comprendre la théorie de la relativité restreinte », « connaître le sens de la vie », « savoir si les bouclistes sont plus proches de la vérité que les cordistes », « savoir si Darwin avait raison », ou « qui a tué JFK, finalement ? »
Alors que peut-être, avant de mourir, on voudrait simplement avoir le choix de notre mort, non pas en termes décisifs (« elle ou moi ? ») mais plutôt factuels : où, quand, comment.
Puisqu’il faut bien mourir, à défaut d’avoir bien vécu – et pourquoi mourir, quand on ne sais pas si on a vécu ?
J*
10:21 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 11 août 2008
Réponses
Salut à vous, lecteurs.
Voici donc quelques-unes des… Attendez, je recompte… Trente-quatre questions que vous m’avez envoyées par mail. (Ce n’est pas énorme, vu le volume de lecteurs, mais c’est déjà pas mal.) J’ai commencé de répondre à certain(e)s d’entre vous, mais le temps m’a manqué…
A.
Pourquoi il n’y a rien d’écrit sur le mariage de ta frangine ? Et finalement c’était bien ?
Ah ! La question à 100€. Parce que la dernière fois que j’ai fait une allusion sur le sujet, cette dernière l’a très mal pris. Mon père m’a demandé de ne rien écrire sur le sujet, sans quoi c’est lui aussi qui serait fâché contre moi. J’ai donc cédé, bien que cela m’ait démangé de tout raconter au nom de la liberté d’expression.
Finalement ce fut un bon moment. Certains invités étaient très sympathiques, et il n’y a eu aucun incident majeur, malgré les rapports tendus que j’entretiens avec ma sœur.
Tu pars en vacances ? Où ? Quand ?
Quelques jours à Rome en septembre, et durant l’été, quelques jours ici et là, selon qui et quand peut m’accueillir.
As-tu un animal ? Son nom ?
J’ai eu un animal. Un rat prénommé Sokratt, ravi à mon affection dans sa troisième année. Il y a également une chienne qui a beaucoup compté, qui est morte l’année dernière. En début d’année j’ai failli accepter de prendre en pension une petite sprinkler, mais je mène encore trop ma vie par monts et par vaux pour offrir à une petite bête la stabilité d’un foyer. Et puis un chien – même petit – en appartement, ce n’est confortable ni pour lui ni pour son maître.
Que penses-tu de Monsieur le Président ? Et notre pouvoir d’achat ?
Je vais me servir de cette question pour rappeler que je n’évoque jamais mes opinions politiques sur ce blog, bien qu’il m’arrive de parfois commenter certaines actions politiques sous couvert d’une analyse juridique. Par exemple, la bonne question ici aurait été : « Que penses-tu de la dernière réforme constitutionnelle ? » Ça m’aurait sûrement tenu une page…
Pour ce qui est du pouvoir d’achat, je n’ai pas d’opinion. Je crois à l’épargne. Je pense que les gens ne réfléchissent pas assez à la façon dont ils dépensent leur argent, et je m’inclus dedans. Je déteste avoir un découvert autorisé !...
Raumain
Comment tu trouves ma robe ?
Ravissante. Elle te met en valeur le galbe de ton viril mollet.
Fanny
A propos de mourir jeune, as-tu lu Hervé Guibert ? […] Si oui, t’as trouvé comment ?
J’ai lu Guibert effectivement, il y a longtemps. J’avais lu L’homme au chapeau rouge il y a quelques années. Au-delà d’un sentiment diffus de malaise qu’il m’avait provoqué, ce livre m’avait surtout ennuyé. J’étais sans doute trop jeune, et j’aurais peut-être mieux apprécié l’évolution si j’avais commencé par Le protocole compassionnel. L’année dernière j’ai lu Le mausolée des amants (dont j’ai relu quelques pages pour écrire ma réponse), qui a eu un tout autre effet sur moi ; il me semble que Guibert trouve souvent les mots justes pour dire des choses parfois difficiles à exprimer. D’un autre côté, certains passages sont lourds, certains autres trop crus. Je présume que la forme du « journal » laisse toute latitude à son auteur sur ce qu’il veut raconter (par exemple ses rêves, dont on ne peut s’empêcher de supposer qu’il les scénarise de temps en temps), et comment (les phrases sans verbe, notamment, déconcertent au début, mais finalement scandent assez bien le récit). Si l’on a le sentiment parfois qu’il écrit des choses vraiment importantes, qui font sens, c’est parce qu’il s’agit de réflexions personnelles que l’on pourrait nous-mêmes avoir, et qui sont somme toutes assez banales – mais leur place est bien celle d’un journal intime, probablement pas destiné à la publication, ou alors pas sous cette forme entière et décousue.
Ce n’est donc de mon point de vue une lecture ni nécessaire, ni facile, ni plaisante. Cependant le propos de Guibert sur la mort est intéressant, dans Le mausolée des amants, parce qu’il est une réflexion générale, pas du tout teintée de cette « inéluctabilité personnelle », si je puis dire. Il s’agit de commentaires sur la déchéance de sa tante, sur l’emprise de la vieillesse de sa mère, ou sur la perte de ses cheveux – tout cela le renvoie à une considération intime du sujet, plutôt interrogative, et fataliste seulement dans la mise en abîme d’une vie.
Pierre
De quelle couleur deviennent les schtroumpfs quand on les étrangle?
Violet, non ?
Christine
As-tu une « madeleine de Proust », et si oui, qu’est-ce?
Cette question m’a vraiment fait réfléchir, et ma réponse ne sera pas vraiment originale.
Le parfum, les effluves, les senteurs, sont ce qui me ramène le plus en arrière. Le parfum de ma mère. L’odeur d’une vieille armoire, qui se mélange à celui de la lessive sur du linge propre. Souvent, au moment où je m’y attends le moins, des parfums surgissent et me renvoient en des lieux et des temps que j’avais négligemment oubliés : une colonie de vacances, un descente de rivière en kayak (si, il y a une odeur pour ça), un orage d’été pendant une sieste sous la véranda (celui-là m’est revenu il y a quelques temps d’une façon fulgurante), un croque-monsieur. L’odeur de la nourriture, oui, renvoie elle-même à un repas rituel, qu’on ne prend (prenait) qu’en un endroit particulier, avec une compagnie particulière – comme l’encens de l’église (on n’est d’accord, ça ne se mange pas, mais tu as compris l’idée).
J’avais lu quelque part que les odeurs sont ce qui nous permet de revenir le plus lointainement dans le temps. On dira donc, pour conclure, qu’elles sont pour ma part ma « madeleine de Proust », en ce sens qu’en plus de me faire revenir dans le temps, elles font ressurgir des souvenirs jusque-là cachés dans un recoin de ma mémoire.
Quelle est la chose la plus démesurée que tu aies osé faire dans ta vie ?
Malgré mon goût prononcé pour la dramatisation, je ne fais rien de démesuré. Ou alors si mais dans ce cas, tout ce que je fais l’est, ce qui n’est pas improbable. « A l’aise dans la démesure », comme le dit Barbara Carlotti dans une de ses chansons.
Il est arrivé qu’on soit… euh, « étonné » par certains de mes actes, mais ils restent parfaitement naturels pour moi. Je reste un fantasque constant, qui n’a pas vraiment changé (toi seule peut émettre un avis, sur ces douze dernières années…), mais ma vie s’est chargée de mécanismes, qu’il m’est arrivé moi-même de compliquer en roues dentées et engrenages dans lesquels, parfois, j’aurai envie de mettre un coup de pied. Pour voir. Mais faire cela, de nos jours et à notre âge, ne passe plus pour de la fantaisie ou une gentille excentricité. On devient plus vite marginal que millionnaire ; on est plus facilement enfermé que libéré.
Une habitude que je n’ai pas perdue, c’est prendre des trains (rappelle-toi ce texto que tu m’as envoyé le 12 mars dernier : « tu devrais avoir un lit couchette à ton nom à la sncf !! »). Je suis le genre de type qui fait cinq cents kilomètres juste pour arriver quelque part et faire « ta-daaah ! ». Il m’est arrivé ainsi de faire un Clermont-Strasbourg via Paris simplement pour donner une lettre en mains propres à quelqu’un, un Lyon-Clermont pour résoudre une conversation téléphonique qui avait tourné à la bouderie, etc.
Cela étant, la démesure relève souvent chez moi de l’escalade dans un sentiment particulier. C’est ce que j’évoquais en parlant de « dramatisation ». Mon sentiment enfle, grossis, écrase les autres, et de là j’agis. Enfin, disons que maintenant j’agis ; avant, j’avais tendance à proférer des représailles (terme pas forcément négatif ici), qui restaient déclamatoires. Désormais, j’ai plus de suite dans les idées. Hélas…
R. R.
Combien de temps (accumulé) par semaines consacres-tu à tes cheveux, et comment ?
Enfin une question de fond ! Après un calcul sérieux, le résultat approche les 80 minutes hebdomadaires.
A quelle(s) personnalité(s) trouves-tu que tu ressembles physiquement et intellectuellement?
Absolument aucune, même si j’entends souvent dire que je ressemble à Romain Duris. C’est l’effet poils, je présume. Il n’y a pas si longtemps, tu m’avais dit que je ressemblais à… Je ne sais plus quel chanteur. Je me rappelle que tu avais pris beaucoup de précautions pour me dire ça :)
Syl.
Pourquoi le Brésil ?
Pourquoi Christine Angot, surtout ?
J’ai lu que la rentrée littéraire allait être mouvementée. Simple effet d’annonce, où allons-nous enfin voir un Celebrity Death Match entre Christine Angot et Amélie Nothomb dans une future émission littéraire ?
Alexandre (question également posée par A.)
De quoi parle ton mémoire ?
Il s’agit d’un essai tout à fait passionnant sur les éléments de natures mortes dans les œuvres de Caravage. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y coller un peu de phénoménologie !
Actuellement en cours de relecture. Je ne manquerai pas d’avertir mon lectorat de la date de soutenance. Viendez nombreux !
Ben
Par qui et/ou pourquoi as-tu été surpris récemment ?
Depuis quelques temps je travaille dans une agence bancaire et, pour la première fois de ma vie, au guichet – ceux qui me lisent depuis plusieurs années savent que j’ai moult fois officié pour la BNP, mais en back-office seulement.
J’ai été surpris par le chaleureux accueil des autres personnes qui y travaillent, qui m’ont aussitôt aidé, expliqué, soutenu. Excellente ambiance de travail. Du coup je leur ai fait des lasagnes la semaine dernière.
J’ai été – désagréablement, cette fois – surpris par la facilité de certains clients à dépasser les limites de l’impolitesse, s’emportant (en public, en plus !) contre le guichetier (notamment moi, donc) comme s’il était responsable de son découvert, ou parce qu’il refuse de lui donner de l’argent. (Eh oui, quand il n’y a pas d’argent sur le compte, on ne peut pas en prendre ailleurs…) Autre moment pénible, devoir faire un virement du compte d’un enfant vers celui de son père pour « payer le loyer », me déclara ce dernier en souriant.
Stef
Tu lis quoi en ce moment ?
Des choses qui piquent dedans la tête, aïe, ouille, comme Mécanique quantique, une introduction philosophique de Michel Bitbol. Des choses pour panser mes plaies neuronales, comme Les fourmis ont-elles un trou du cul ? de Butler et Vincent. Je n’ai pas encore fini l’intégrale de Desproges (mais j’y suis presque) et je ne m’en sors pas du Kaddish d’Allen Ginsberg.
Prochainement, je vais me plonger dans le Spécial concours attaché territorial dont le titre fascine les imaginations les plus débridées. Si.
N.
Alors, heureux ?
Parfois comme jamais. Plus souvent et pleinement, rarement !
J*
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