dimanche, 20 août 2006

En attendant la rentrée...

 

 

Il y a une autre version ici. Sinon, vous avez toujours de la lecture ;  l'Intégrale des CR.

 

J*

samedi, 22 juillet 2006

Cronaca mista XXXX – Ils ont ‘and même un drôle d’a’ent, par ici

Ainsi dimanche j’ai survécu à l’épreuve qui, en dépit de sa difficulté, n’a été admise dans le mythe des épreuves d’Héraclès/Hercule ni par Ovide, ni par Apollodore, ni Pausanias ou Diodore de Sicile : aller à la plage le dimanche, et y survivre plusieurs heures.

Prochaine épreuve : écouter un CD de Carla Bruni en entier.

 

J’ai retrouvé le soir Xavier, dont je vous avais parlé la semaine dernière, que j’avais rencontré avec un ami à l’ambassade le soir du 14. Après une petite promenade dans les jardins de la villa Montalbana, nous avons rejoint ledit ami pour dîner. Soirée agréable, aux conversations variées (la communication chez Bulgari, les plages de Gaeta, Cesaria Evora) et suggestions diverses (déplacer l’état d’Israël en Bavière, aller voir Morrissey qui était en concert au même moment à Ostia).

Le lendemain je devais retrouver Michela pour déjeuner avec elle avant qu’elle ne parte de Rome ; finalement Giusi s’est également jointe à nous et nous avons déjeuné non loin de Santa Maria Maddalena, dans le quartier historique. Un simple martini en apéritif aura suffit à aggraver leur principale occupation, lorsqu’elles n'étudient pas : jouer aux idiotes . Après une petite glace qui a fini de nous plomber, nous sommes rentrés chez nous – pour en ressortir presque aussitôt : j’ai dîné avec Nino et, une heures plus tard, j’étais à Campo dei Fiori avec les deux mêmes, plus Chiara. C’est cette fois-ci sous l’effet d’un Nero d’Avola qu’elles se sont mises à parler des Teletubbies – et de l’effet qu’a eu cette performance sur le reste des personnes en terrasse. Plus tard, Antonello nous a rejoint, accompagné de son frère Francesco, dont il ne m’avait pas dit qu’il était son jumeau (d’où stupeur) et de la copine de ce dernier, Linda.

J’ai eu au cours de la soirée un appel d’Annabelle, toute contente, dont le dossier a été retenu pour un M2 à Nice ; des soixante-quatorze dossiers (exagération volontaire) qu’elle avait préparés et auxquels les réponses « votre dossier a été retenu liste d’attente » se succédaient, c’était son préféré. Meno male, comme on dit ici.

 

…Et sur le coup des trois heures, nous sommes rentrés dormir.

 

Le mardi, rebellotte avec Nino, qui sortait d’examen d’anatomie comparée : nous sommes allés dans un restaurant de ma connaissance près de San Agostino qui prépare des salades roquette/parmesan/viande fumée à hurler de bonheur (le restaurant, pas San Agostino, du moins pas que je sache), puis glace, et soldes : il avait en tête d’acheter un pantalon et, sous l’effet d’une logique probablement sicilienne, il est reparti avec une chemise. Nous sommes passés chez Fabbriano pour acheter un stylo pour une amie à lui – que voilà une information capitale – puis à Repubblica pour qu’il achète ses lentilles de contact – seconde information de premier ordre – et enfin nous sommes rentrés, puisque son père l’attendait : eh oui, Nino s’en va aussi, retourne vers les rivages dorés de sa belle Sicile.

Le soir, petite conversation MSN avec Mum qui depuis quelques jours exigeait par mails de me parler en live. Après m’avoir agacé dix minutes, enfin, elle m’a appris que mon dossier, également, avait été retenu pour le seul M2 auquel je postulais. Ceci a donc fini de me mettre de bonne humeur.

 

Mercredi, rien, hormis de l’écriture et de la lecture : une énième grève (partielle) des transports en commun – la deuxième ce mois-ci – m’a obligé à rester chez moi ; et se promener en taxi n’était même pas envisageable puisque leurs conducteurs également ont interrompu toute activité en réaction à la non-réponse de la mairie sur la précarité de leur contrat de travail ; bref, quelque chose de suffisamment important qui justifie de bloquer la circulation piazza Venezia (un des carrefours principaux du centre).

 

            Jeudi, après mûre réflexion, j’ai accepté la proposition de Sandra, à savoir, passer deux jours avec elle, Adeline et Arnaud, un ami à elle arrivé depuis peu… A Florence. Ma connaissance de l’Italie étant spécialement limitée à Rome et aux alentours, c’était une proposition très intéressante que m’avait déjà faite Daniela en mars, puis Alessandro il y a quelques temps, mais qui n’avait pas pu se concrétiser pour des raisons d’emploi du temps. Alors youpla, levé de bonne heure, de bonne humeur (ou presque) pour prendre le premier train.

Le voyage, qui consista surtout à violenter Adeline pour lui arracher des hurlements de rire, se passa sans encombre. Nous sommes arrivés en province (ben oui parce que finalement, je l’oublie un peu, mais Rome c’est la capitale de l’Italie) sous une chaleur écrasante. Première chose : guide et carte.

On arrive assez vite au centre-ville. Passage tout d’abord par San Lorenzo, écourté par les hurlements des demoiselles devant lesquelles s’étendait un immense marché à ciel ouvert : tout ce que l’Italie sait faire de mieux (et de pire) était vendu ici. Après avoir patienté un moment, fait un petit tour de l’endroit, nous avons fait notre première visite, à savoir, les chapelles des Médicis – car oui, il y en a deux, ou plus précisément, à la « chapelle des Princes » (où, outre les sarcophages de six Grands-Ducs, on trouve ceux de Ferdinando I et Cosimo II) est accolée une « nouvelle sacristie », œuvre non achevée de Michelangelo, qui y laissa tout de même de remarquables statues ; celles du Jour et de la Nuit sur le sarcophage de Giuliano, et celles de l’Aurore et du Crépuscule sur le sarcophage de Lorenzo. A ceux qui se demandent comment on fait pour reconnaître une statue ou une peinture de Michelangelo, je donne un truc simple : si les sujets féminins ont l’air d’être des bonhommes avec juste une paire de nichons pour s’en différencier, c’est de lui. (Sinon, vous pouvez aussi chercher dans votre guide.)

Précisons, bien sûr, qu’il est strictement interdit de faire des photos dans tous les endroits payants de Florence (c’est-à-dire partout), ce qui évidemment ne m’a pas empêché d’en prendre quelques-unes (tant qu’on n’enclenche pas le flash, je ne vois pas où est le problème), juste pour me rebeller et surtout, ne pas acheter des cartes postales à 2€ pièce.

 

            Midi était passé depuis longtemps…, il a donc s’agit de trouver un endroit où se restaurer. A ce sujet, je donner un conseil aux gens qui envisagent de passer des vacances en Italie avec un budget limité : sachez que vous pouvez très bien manger lorsqu’une carte annonce des Primi ne dépassant pas 9 ou 10 € et des pizze à moins de 7€. Donc, nous avons trouvé un restaurant où, en effet, pour un prix raisonnable nous avons copieusement déjeuné. Je m’aperçois avec effarement que j’arrive désormais à engloutir un plat de pâtes, un pizza, un dessert et un café sans problème, tout ceci sans reprendre un gramme des cinq kilos que j’ai perdu cette année.

 

L’après-midi un nombre étendu de possibilités s’offraient à nous, bien qu’elles fussent toutes, quoiqu’il arrive, subordonnées au paiement plus ou moins extravagant de droits d’entrée. Notre choix s’est porté sur le Palazzo Pitti – dont la conception fut commandée  par la famille du même nom à Brunelleschi pour concurrencer le palais que Michelozzo réalisait pour les Médicis – qui ne renferme pas moins de sept musées. Notre choix s’est porté sur la Galerie Palatine, qui en plus de vingt salles renferme quatre siècles d’art Italien (je vous la fais courte). Nous avons conclu par une petite promenade dans le jardin de Bobolo, du nom de la colline sur laquelle fut bâti le palais lui-même, dont la taille démesurée m’a laissé penser qu’il serait probablement très facile de s’y cacher pour une nuit. La vue de Florence de cette hauteur a une nouvelle fois donné lieu à des commentaires détaillés de la part d’Adeline.

Après s'être fait gentiment chasser, puisqu’il était l’heure de fermer, nous sommes partis à la recherche de notre hôtel, à deux pas du Ponte Vecchio : très bien placé et d’un prix raisonnable. Il fut convenu que je partagerai le lit avec Adeline, qui me promettait une nuit de folie en raison de son incapacité à s’endormir avant trois ou quatre heures du matin. Après une petite douche, nous sommes partis à la recherche d’un nouvel endroit pour dîner, non sans nous émerveiller au passage sur les beautés dont regorge la ville (j’ai l’impression d’écrire un guide touristique, là). Enfin, nous avons trouvé un joli restaurant dont la carte – plus chère que celle du midi – semblait très évocatrice.

            Deux heures et trois bouteilles de vin plus tard, deux limoncello chacun, nous étions dans un état de jovialité assez avancé, qui nous a conduit à faire ami-ami avec le personnel : deux serveurs fort sympathiques et une serveuse, Martina, qu’Arnaud imaginait déjà courir en tenue légère autour de son lit. Mais c’était peine perdue puisqu’elle l’informa qu’elle était déjà promise à un autre jeune homme, qui, d’ailleurs, travaillait dans la cuisine de ce restaurant, information qui eut pour effet de très vite calmer les ardeurs du jeune homme. Quant à nous – Sandra, Adeline et moi – nous étions bien partis pour suivre nos deux nouveaux amis dans une fête appelée « Central Park ». Nous nous sommes donnés un hypothétique rendez-vous, certains, dans l’état qui était le nôtre, de nous y retrouver sans peine.

            Puisque le restaurant fermait, nous sommes partis nous promener sur lungarno – littéralement, « le long de l’Arno », le fleuve qui traverse la ville, donc – ; promenade ralentie par diverses rencontres pour la plupart agréables, jusqu’à ce que je me fasse draguer par un Espagnol qui, quoique avenant, n’en restait pas moins Espagnol et m’infligeait des poncifs sur l’élégance de mon maintien et l’éclat de mon visage (j’en rajoute volontairement une couche, afin de traduire notre état d’ébriété commun ; qui aura, à Alberdo (je crois que c’est comme ça qu’il s’appelle) fait dire ces choses et à moi, les comprendre). Sans me faire prier j’ai abandonné les grands yeux noirs d’Alberdo et rejoint Adeline qui m’appelait à la rescousse pour communiquer avec deux Turcs qui avaient manifestement une idée graveleuse derrière la tête. « C’est ton copain ? », lui ont-ils demandé un peu embêtés. « Oui », a-t-elle répondu aussitôt, se mettant subitement à comprendre l’Italien.

Et, sans crier gare, nous a rejoint un des deux serveurs susmentionnés. Sans lui demander son avis j’ai grimpé sur son motorino et lui ai demandé de me faire faire un tour de la ville, ce que, bonne pâte (c’est toujours amusant de dire ça d’un Italien), il n’a pas osé refuser. Les cheveux aux vent, c’est-à-dire sans casque et c’est très mal, j’ai vu la Piazza Michelangelo, l’église je sais plus quoi, etc., et retour à l’hôtel où mes camarades s’étaient finalement échoués. J’ai retrouvé Adeline qui, en effet, avait déjà attaqué la « nuit de folie » précédemment évoquée en vomissant son repas du soir dans d’élégants spasmes qui m’ont, l’espace d’un instant, rappelé Em.

Et je me suis endormi.

 

            Le lendemain, c’est-à-dire quelques heures plus tard, nous avons rapidement petit-déjeuné puis sommes passés sur la piazza della Signoria (« de la Seigneurie », donc) pour donner un œil au Palazzo Vecchio, dont la construction débuta en 1299 et dont la tour, haute de 94 mètres, fut achevée en 1310. Agrandi, arrangé, encore agrandi, le palais pris son aspect actuel au seizième siècle. Comme la visite était, bien entendu, payante, nous avons préféré aller dépenser une somme équivalente pour la visite de la coupole de la cathédrale Santa Maria del Flore, plus connu sous le diminutif Duomo (entrée : 6€), qui comporte un baptistère (entrée : 3€), le campanile de Giotto (entrée : 6€) et un musée (entrée : 8 €). Les prix ne font l’objet d’aucune réduction, puisque, comme on me l’expliqua gentiment à l’entrée, « l’entretien et l’exploitation sont assurés par une société privée ».

Pour monter dans la coupole, puis sur la couple, tout en haut, il faut gravir 364 marches, ce qui ne fut pas sans me rappeler celles gravies des terrasses de San Pietro (à Rome) pour aller également dans et sur la coupole (un peu plus de trois cents, mais sans compter celles qui arrivent aux terrasses). Splendide vue, comme toujours sobrement commentée par Adeline qui a, pour reprendre ses termes exacts, « trop kiffé » ; nous avons pris un moment pour respirer, puis nous sommes redescendus parce que bon, quand même, c’était l’heure de déjeuner.

 

            Après avoir perdus Sandra et Arnaud en raison de leur vitesse très réduite, j’ai déjeuné avec Adeline. Nous avons ensuite rejoint les deux tortues devant l’entrée des Offices, LE musée de Florence, 4000 œuvres, 2000 exposés, bref un des plus grands d’Europe, du monde, etc. Comme Sandra m’avait indiqué « Je te préviens, moi j’y reste une heure et je me casse », nous avons fait le choix judicieux de nous séparer et de nous retrouver dehors trois heures plus tard. Comme c’était la première fois que je venais dans ce musée, j’ai encore une fois dégainé le portefeuille pour, cette fois, payer un audioguide. « En Italien ? », m’a demandé le préposé à la location dudit matériel.

« Non, en Français », ai-je répliqué, en lui donnant mon « documento », qu’il garderait le temps de ma visite.

« Ah bon, mais vous avez un accent romain !

-Oui, j’ai appris l’Italien à Rome !

-Ah, d’accord ! Erasmus ! Bonne visite », etc., etc.

Il faut en effet souligner que les Florentins – pas tous, mais un bon nombre – ont un accent très différent de ceux que j’avais écoutés jusqu’alors. A part l’accent sicilien de Nino, l’accent polonais de Mikael et l’accent romain de la plupart de mes autres amis, je ne connaissais que le napolitain (quasiment incompréhensible). Les Florentins parlent en aspirant les C, le son [k], ainsi ils diront « ‘o‘a-‘ola » pour « coca-cola », « ‘asa » (maison), « do’umento » (carte d’identité), ce qui donne une prononciation très élégante.

Mais bref.

Je vais peu parler des Offices car, comme toujours, c’est difficile d’évoquer des peintures ou des sculptures sans en avoir une reproduction sous les yeux. C’était juste époustouflant. J’ai vu presque tout ce qui me donnait envie, alors que je lisais des ouvrages d’histoire de l’Art, d’aller à Florence ou me faisait regretter de n’y être pas encore allé.

            Bien sûr, c’est un musée énorme, et il m’aurait tout de même fallu beaucoup plus de temps pour m’arrêter vraiment et apprécier, plus de quelques minutes, les chefs-d’œuvre qui y sont exposés.

 

            Toutefois l’heure du départ avançait et, vers cinq heures et demie, j’avais vu le principal. J’ai tout de même refait un grand tour, puis j’ai retrouvé Adeline qui achetait des cartes postales ; évidemment je ne suis pas reparti sans le catalogue, puis nous avons rejoint Sandra et Arnaud qui somnolaient paisiblement sur une petite place aménagée à la sortie du musée.

 

Après un dernier petit tour dans le centre ville, nous avons rejoint la gare où nous attendait notre train et, vers 22h.30, nous sommes arrivés à Rome après un voyage sans encombre.

            Encore une fois je mets en ligne cet article un samedi, pour la bonne raison qu’après une grasse matinée bien méritée, j’ai passé un bon moment à renommer mes photos et à écrire ! J’ai eu la Reine-Mère au téléphone, qui s’est cassé une patte arrière, mais dont la mémoire toujours alerte lui a fait me demander si, à Florence, j’avais embrassé le sanglier de bronze de la fontaine du « porcellino », de Pietro Tacca, ce qui serait selon elle une coutume. Ben non, mais je l’ai vu, au moins.

 

Dimanche devrait être très peu productif !

 

Plus qu’une semaine…

 

J*