dimanche, 03 septembre 2006

1. Discours de rentrée (Bonheur liquoreux et silence moite)

Chers lecteurs,

 

Chaque chose doit prendre une fin, pour mieux recommencer une autre. C’est sûrement ce que vous vous êtes dit après ce morne mois d’août où je ne vous ai adressé presque aucune ligne, sinon sur mon blog secondaire ou encore, quelques lignes privées par mail, pour quelques-uns d’entre vous.

 

Un mois d’août morne, en effet. Du strict point de vue de l’écriture, du moins, puisque plus matériellement, j’ai orchestré un subtil transfert de l’Italie vers la France non sans oublier, presque négligemment, quelques petites choses pour avoir une supposée bonne raison de repartir. Peut-être. Vite. Fuir encore, diront ceux qui avaient dit seulement « fuir », il y a déjà un an.

 

Août ne m’a pas permis de vraiment réfléchir, ou de tirer de magnifiques conclusions sur le sens de la vie, pas autant que je l’aurais espéré du moins, et pas précisément sur la mienne. Tout s’est enchaîné avec une inadmissible facilité ; appartement, déménagement, travail, vacances et sorties diverses. Réflexion : 0. Rien. L’émulation intellectuelle d’une sardine à l’huile. (Ou à la moutarde, mais comprenez bien que ce n’est pas la sauce qui compte, c’est l’absence de tête chez le clupéidé susmentionné.)

 

J’aimerai vous dire que tout va bien, d’ailleurs, je n’ai pas d’explication pour cet insidieux conditionnel. Tout va bien. Sûrement pas comme au petit matin du 5 décembre 2005, et ce n’est qu’une date parmi d’autres. Tout va bien. Sûrement pas comme un soir de juillet dans les jardins de la villa Torlonia, et je dis ça comme ça. Non, tout va bien, tout va bien puisque après avoir effacé certains repères, je peux les redessiner là où je veux, et décider qu’ils sont les nouvelles bornes à franchir ou au contraire, les frontières à ne pas dépasser.

Cela n’a pas, je présume, tellement d’importance.

 

Alors oui, tenez, c’est la rentrée ; du moins, elle approche. Une nouvelle année universitaire dans mon ancienne fac, avec de nouveaux visages, encore qu’en laissant mes souvenirs guider mon intuition, il y aura dans le lot une belle tripotée de têtes de cons. Il y aurait beaucoup à dire sur cette périphrase, mais ne doutez pas que je vous tiendrai au courant de mes prochaines rencontres, de mes prochaines aventures, avec je le souhaite la même intensité et surtout, le même intérêt que j’ai pu trouver à écrire mes blogs ces onze derniers mois. (Oh oui, dix, si l’on s’épargne cet août indigne.) Dès la semaine prochaine, par exemple, je vous relaterai la semaine de vacances de mes parents. Sans mes parents. Je veux dire, la mienne, dans leur maison, que je garde, pendant qu’ils sont partis… Ce qui devrait donner lieu à quelques débordements toujours plaisants.

 

C’est à ce moment-là que je devrais écrire une ou deux petites strophes en alexandrins

pour que vous soyez sûrs que ces lignes amères,

ont marqué la rupture au terme du voyage,

me laissant indécis, en bas de cette page ;

sur ce temps imprécis qui a fait siffler l’air

 

En des tonalités parfois un peu légères.

Pour ne pas m’aliter dans des duvets plombés

Par les creux du désir – tremblant, nu, éhonté,

J’ai préféré dormir, sans vraiment m’en défaire.

 

Tu vois, on parle peu, et j’ai toujours pourtant

Tendance à être creux. Je m’en réjouis d’autant :

La parole, déliée, me permet de flotter

 

Sur la pointe des pieds et cesser de lutter,

De craindre autant qu’épier les visages absents

Et les mots alignés ; les jours que je ressens.

 

J*