samedi, 06 mars 2010

Entre-deux

Que le lecteur, saisi d’effroi detox ou de gourmandise auvergnate, se réjouisse (ou pas, du coup) : non, je ne vais pas parler du fromage qui pique un peu sur le bout de la langue (mais c’est ça qui est bon, aussi) et file des aphtes (mois drôle, déjà, mais toujours plus qu’une blenno, notez) et dont les vieilles croûtes, selon mon père, sont envoyées en Italie d’où elles nous reviennent pulvérisées et empaquetées sous l’appellation « Parmesan râpé ». Sans rire, si vous voulez des copeaux de parmesan dans vos nouilles au beurre du dimanche soir y’a-plus-rien-dans-les-placards-ah-bah-on-va-faire-des-pâtes (vous aussi, rendez fou un Italien en rétrogradant ainsi les fondements de sa culture et de son quotidien alimentaire), achetez-en un kilo que vous débiterez avec lenteur et délectation à l’épluche-légumes. (Non, n’essayez pas la râpe, sinon ce sont des petits bouts de vos doigts qui vont agrémenter vos linguine ou autres fusilli.)

Mais bref, je ne voulais absolument pas parler de nourriture, alors revenons à mon titre : l’entre-deux. Aucun rapport donc avec la gloire lactée du Cantal, mais à la traduction littérale du terme inbetween, qui désigne le séjour des âmes dont on ne sait pas encore si elles sont admises au Paradis ou expédiées en Enfer. Quelque chose de judéo-chrétien, donc, et saupoudré de premier degré américain (incluez ici tout les adjectifs qui vous plairont pour qualifier ledit degré) nous donne une dommageable confusion destinée aux adolescent(e)s sur le chemin de la puberté (Percy Jackson, voleur de foudre, par Chris Colombus) et une interrogation angoissée quoique méthodique sur la prédestination, l’injuste et ce qui reste quand un proche vient à disparaître (The Lovely Bones, par Peter Jackson).

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