samedi, 06 janvier 2007
Une autre banale histoire de rimes
2007 rime avec pouêt. 2007 rime également avec castagnette, et tous les mots qui finissent en -ette – et je ne doute pas, chers lecteurs, que votre fertile imagination fait déjà se presser au bout de votre langue nombre de mots proposant cette musicalité finale.
2007 rime aussi avec « peut-être » ou plutôt, si l’on veut être exact sur la rime, avec « ptêt ». Ptêt qu’en 2007, il se passera des choses qui n’ont pas abouti en 2006 (qui rime avec saucisse) – mais déjà mon 2006 fut fort mouvementé, puisque certaines conditions favorisaient des rebondissements variés.
J’émets rarement des vœux, ni ne jure. Pas de vœux parce que j’ai juste assez confiance en la bonne volonté du monde pour que je n’aie pas à m’en remettre à de supérieures autorités cosmiques pour qu’il – le monde – se plie à mon bon vouloir. Pour la même raison, je ne jure pas. Je ne promets pas, non plus. Je propose, tout au plus. Je vais au bout des propositions comme des recettes de cuisine. On n’abandonne pas ses pommes en cours de tarte, fût-elle tatin – et je n’abandonne personne en cours de route, alors sûrement pas en cours de propositions.
Je ne fais pas de vœu, mais ce que j’aimerai, c’est que 2007, qui à l’heur de rimer avec pouêt, soit aussi riche que 2006.
Le soir du 31, je n’ai rien fait. J’ai décliné un certain nombre d’invitations, j’ai mis de côté quelques bristols, j’ai confirmé certains refus par téléphone – rien, précisément rien. Une dernière invitation avait failli me faire sortir de ma subite opposition nocturno-sylvestre, et finalement, elle fut annulée avant que je ne refuse.
J’ai fait le 31 dans mon lit, après un 30 particulièrement arrosé en compagnie de Jtf. Le 31 au matin, je me suis réveillé habillé, les bras en croix, sur mon lit. Je me suis levé pour engueuler Jtf, qui s’éveillait paisiblement et qui manifesta peu d’intérêt pour mes lamentations du style « T’aurais pu me déshabiller et me mettre au lit ». Non, il n’en avait strictement rien à battre. Je l’ai donc rejoint dans son lit, et on a regardé la télé en commentant comme il se doit chaque image, avec une méticuleuse propension à dire des choses très drôles, comme seuls savent le faire les gens qui n’ont pas tout à fait dessoûlé. Les dessins animés pédagogiques et autres Wallace et Gromit m’ont achevé ; je me suis rendormi tandis que Jtf partait pour répondre, comme d’habitude, à d’oedipiennes obligations de présence auprès de sa chère Jocaste, je veux dire, de sa chère Maman, que je salue si elle me lit ; bonsoir.
Je me suis réveillé vers 16h., lorsque le soleil dardait, au travers d’une fenêtre, ma douce joue de ses rayons hivernaux. Je me suis réveillé, certes, mais me suis tourné et rendormi aussitôt.
Vers 20h., toujours marinant dans d’hircines effluves mélangeant tabac froid et suée de fin de dodo, je me suis étiré, la bouche un rien pâteuse, mais très en forme. J’ai donc fait ce que fait une vieille dame sous amphétamines : le ménage. La vaisselle, le sol, l’aspirateur, la poussière, les étagères du vaisselier, la salle de bain, mes meubles de rangements, livres, dvd, cd, boîte à pharmacie (inopinément échappée alors que j’y cherchais je ne sais plus quel soin « effet tonique » de Sisley que j’étais persuadé avoir vu là) – tout, j’ai tout rangé, pour être sûr de m’éveiller, au matin du 1er janvier, dans un endroit propre et ordonné, avec la certitude, évidemment !, que le monde n’attendait que moi pour tourner.
En 2007, les programmes sont à la télé restés rigoureusement les mêmes. Alors oui, on arguera volontiers que Tf1 diffuse enfin les épisodes des Feux de l’Amour tournés en partie en extérieur, qui donne à la série une fébrile intensité dramatique – surtout quand Gil court dans la campagne en secouant ses gros nichons pour aller avertir sa petite pourriture de fils, qui s’apprête à épouser Mac, qu’elle n’est autre que sa cousine, car oui, Gil a appris qu’elle était en réalité la fille de Catherine Chancelor, du coup, elle devient un genre de tante pour Mac, petite-fille de Catherine Chancelor qu’on a vue récemment cracher de la compote à la tronche de Gil – alors que finalement, le plus intéressant à la télé, c’est ce qu’il y a entre les programmes : la pub. « J’aime la pub, son rythme, sa cadence », comme chantait Charles Trenet il y a déjà quelques années, « si j’titube », c’est pas parce que je danse (comme il poursuit) mais globalement, parce que j’ai trop bu encore que, notez bien, ce n’est pas le sujet de la conversation.
La pub, disais-je, et sa tendance à toujours copier des phénomènes qui marchent bien. (C’est probablement pour ça que Benoît XVI, quand il parle Français, me fait toujours penser à Pie XII, mais en plus inquiétant.) Ainsi, Desperate housewives a inspiré à la marque Marie une copie de Bree chargée de faire avaler à sa fille rebelle un immonde gratin sous plastique. Tassimo, ou je ne sais plus quel fabricant de cafetières, nous montre une femme, Cynthia, assez proche de Susan Mayer, qui garde chez elle tous les meilleurs ouvriers – notamment un jardinier, copie conforme du crush de Gabrielle, hop – parce qu’elle leur fait un merveilleux café. Le cappuccino remplit Steve, ou Stan, ou John de joie, qui conséquemment remplit Cynthia de foutre.
Notons que l’UMP, d’ailleurs, a repris un procédé analogue pour la campagne de M. Sarkozy ; mais en s’inspirant voire, en copiant, des images publicitaires – étant entendu que si l’on s’identifie à la pub ou que l’on en partage l’objectif, on s’identifiera tout autant à un parti qui reprend des images qui nous rappelle les valeurs publicitaires susmentionnées.
Le monde nous ouvre 2007 comme une vieille dame – dont on n’est pas certain qu’elle passera Pâques – nous ouvre les bras en nous racontant que ses douleurs ne s’arrangent pas.
Cette année, la tendance est aux moches, du moins c’est ce que j’ai compris en écoutant de loin une pub pour ING direct – après vérification, et sans vouloir me rendre déplaisant auprès des personnes au physique ingrat dans les yeux desquelles une lueur d’espoir a brillé, il s’avère que la tendance est aux poches (et non aux moches), sous-entendez, plus vous aurez de poches, plus vous pourrez les remplir. Pour les kleptomanes, c’est plus qu’une mode, c’est un art de vivre – même pour ceux qui ont démarré 2007 en se disant : « Cette année, je ne remplis mes poches que de mes mains, pour leur éviter de chaparder des objets, des trucs et des machins sans utilité. »
Mais bref. C’est Ora Ito qui a raison. La tendance est au "simplexe". Je ne parle pas – nous ne parlons pas, si vous me permettez, le temps de ces tirets, de m’accoupler à Ora – d’algèbre, et de l’ensemble des parties d’un ensemble ordonné par l’inclusion (c’est la définition traditionnelle de simplexe). Non, simplexe comme adjectif confinant au néologisme : simple et complexe ; tout ce qui a l’air simple est véritablement complexe, tout ce qui paraît complexe est en réalité abominablement simple, avec toujours cette certitude que le rose, non, vraiment, pas cette année non plus.
Tri sélectif : c’est bon.
Ampoules basse consommation : j’y travaille, mais ça n’existe pas encore en ampoules teintées et dans ma chambre, je ne mets que des ampoules traitées en rose pâle (ça donne pas une lumière rose hein ! mais quel doux éclairage…).
Piles rechargeables pour tout ce qui fonctionne à pile : j’y suis presque. En 2006, j’ai acheté une douzaine de piles rechargeables et jeté autant de piles à usage unique (dans les poubelles destinées à cet effet, bien sûr !).
Couper l’eau quand je me brosse les ratiches : c’est fait, depuis au moins vingt ans !...
Lundi : partiel d’histoire du patrimoine et dégivrer mon frigo.
Mardi : partiel en 48h. jusqu’à…
…Jeudi. Mourir et tel le brie, renaître de mes cendres. (Le brie, ou tout autre fromage à pâte molle et croûte fleurie.)
Vendredi : partiel de droit international et cette inquiétude : demain, Paris, Egypte et Grand Palais ou Marseille et Jtf ?
Samedi : grasse matinée, probablement.
Dimanche : promenade joviale, incertitude sur le sort du monde, désespoir ferroviaire, photos en noir et blanc.
J*
Bonus : MP et Good Evelyne la poule
17:35 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Willywalt, MP, Malldwight, Ora, Ito, pouêt










